Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian lors d'une conférence de presse en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, le 24 septembre 2018. Photo d'archives REUTERS/Amr Alfiky
La France est prête à apporter son expertise technique dans l'enquête sur le crash du Boeing ukrainien près de Téhéran si les autorités iraniennes en font la demande, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie française.
"La France est disponible pour contribuer à l'expertise nécessaire", a indiqué Jean-Yves Le Drian sur la radio RTL tout en précisant qu'elle n'avait pas "pour l'instant" été sollicitée par les autorités iraniennes. Le ministre français des Affaires étrangères s'est refusé à tirer des conclusions sur les origines du crash alors que le Canada, d'où étaient originaires nombre des passagers, affirme qu'il a sans doute été abattu par un missile iranien, probablement par erreur. "Avant de prendre position, il faut une clarté totale sur ce qu'il s'est passé et pour cela il y a des enquêtes internationales qui doivent être mises en oeuvre", a-t-il dit. "Il faut, avant les spéculations, établir la vérité dans les conditions de transparence les plus totales, solliciter les autorités iraniennes pour qu'elles le fassent", a-t-il ajouté.
Sollicité par l'AFP, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français a indiqué avoir été "officiellement notifié de l'événement par l'Iran et désigné un représentant accrédité pour participer à l'enquête". Cette notification est "purement administrative et ne présage pas d'une autre demande de la part des autorités iraniennes", selon la même source, qui précise qu'il n'y a pas eu à ce stade de demande de la part de l'Iran. Elle est a été faite au titre de "l'Etat de co-construction" des moteurs, comme pour tous les industriels et agences impliquées, a encore fait valoir le BEA. Le NTSB, l'agence américaine chargée de la sécurité des transports, a ainsi indiqué avoir été saisi au même titre.
Les moteurs du Boeing ukrainien ont été construits par CFM International, coentreprise entre le français Safran et l'américain General Electric.
La catastrophe, qui a entraîné la mort de 176 personnes, majoritairement des Iraniens et des Canadiens, est survenue peu après des tirs de missiles par Téhéran sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak. Seuls quelques pays, dont les Etats-Unis mais aussi l'Allemagne, le Royaume-Uni ou la France, ont les capacités techniques de récupérer les données des boîtes noires endommagées.
Le président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO) et vice-ministre des Transports Ali Abedzadeh a déjà fait savoir que l'Iran pourrait faire appel à "la France ou d'autres pays" pour examiner le contenu de ces enregistreurs de vol retrouvés mercredi. "L'Iran et l'Ukraine ont les moyens de télécharger [les] informations" qu'elles contiennent", a-t-il dit. "Mais si des mesures plus spécialisées sont nécessaires pour extraire et analyser des informations, nous pouvons le faire en France ou dans d'autres pays", a-t-il ajouté.
Une cinquantaine d'experts ukrainiens sont arrivés jeudi à Téhéran pour participer à l'enquête et notamment au décryptage des boîtes noires de l'appareil.
"A un moment ou à un autre, ils remettront les boîtes noires, idéalement à Boeing, mais s'ils les donnent à la France ou un autre pays, cela irait aussi", a déclaré pour sa part le président américain Donald Trump.


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