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Aide transfrontalière en Syrie : nouvel affrontement Russie-Occidentaux en vue à l'ONU


Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni à New York en décembre 2017. Photo d'archives Brendan McDermid/Reuters

Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé à voter vendredi sur une prolongation de l'aide humanitaire transfrontalière à la population de la Syrie, mais la Russie veut la réduire au minimum et un nouvel affrontement avec les Occidentaux semble inévitable, selon des diplomates. En vigueur depuis 2014, l'autorisation pour cette aide, qui s'affranchit de tout aval de Damas, vient à expiration ce 10 janvier.

Le 20 décembre, les 15 membres du Conseil de sécurité s'étaient séparés après un double veto de la Russie et de la Chine à une prolongation de l'aide pour un an et via trois points d'entrée, deux en Turquie et un en Irak, proposée par les Européens. Un texte concurrent de la Russie, qui veut faire reconnaître la reprise de contrôle de Damas sur le territoire syrien, n'avait pas recueilli la majorité nécessaire de neuf voix sur quinze pour être adopté. La proposition russe ne prévoyait que deux points d'entrée à la frontière turque et une autorisation limitée à six mois.

Après une semaine de négociations sans percée, dont - fait rare sur un même sujet - quatre réunions dites "P5" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité), l'Allemagne et la Belgique ont mis jeudi sur la table du Conseil de sécurité un texte obtenu par l'AFP qui se rapproche de la position russe sans être toutefois identique. La proposition vise le maintien de trois points de passage frontaliers, deux avec la Turquie et un avec l'Irak. Les co-auteurs ont renoncé à une demande portant sur un an, se bornant à demander six mois de prolongation jusqu'au 10 juillet.

Comme en décembre, la Russie a aussitôt mis sur la table du Conseil une contre-proposition en reprenant sa demande de n'autoriser que deux points de passage avec la Turquie et uniquement pour six mois.


"C'est compliqué" 
Obtenu par l'AFP, le texte russe renouvelle les dispositions prises en 2014 "en excluant les points de passage d'al-Yarubiyah (Irak) et d'al-Ramtha (Jordanie) pour une période de six mois, jusqu'au 10 juillet 2020. Si le point de passage d'Al-Ramtha ne sert plus à l'ONU et aux ONG depuis longtemps, celui d'al-Yarubiyah avec l'Irak est particulièrement important, selon des diplomates occidentaux, pour acheminer de l'aide médicale à la population syrienne, Damas refusant jusqu'à présent des convois médicaux via Damas.
Les deux points de passage avec la Turquie sont situés à Bab al-Salam et Bab al-Hawa.

Avec la Russie, "c'est compliqué", soulignent plusieurs diplomates en évoquant les négociations intenses tenues en décembre comme depuis une semaine. Premiers soutiens du régime syrien, les Russes "sont en position de force", ils considèrent que l'autorisation transfrontalière est "une atteinte à la souveraineté, et c'est une réalité", concède l'un de ces diplomates.

Cinq nouveaux membres non permanents (Vietnam, Saint-Vincent et les Grenadines, Tunisie, Niger, Estonie) ont pris le 1er janvier leurs fonctions au Conseil de sécurité et la Russie dispose, avec plusieurs de ces Etats, d'une meilleure chance d'avoir 9 voix pour faire adopter son texte.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, voire la France iront-ils jusqu'à utiliser leur droit de veto pour contrer Moscou sur un texte humanitaire ? Plusieurs diplomates se posaient la question jeudi. 

L'aide transfrontalière bénéficie à plusieurs millions de Syriens, dont près de trois millions dans la région d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, dernier bastion de l'opposition et de groupes jihadistes où les combats et les bombardements ont redoublé ces dernières semaines.


Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé à voter vendredi sur une prolongation de l'aide humanitaire transfrontalière à la population de la Syrie, mais la Russie veut la réduire au minimum et un nouvel affrontement avec les Occidentaux semble inévitable, selon des diplomates. En vigueur depuis 2014, l'autorisation pour cette aide, qui s'affranchit de tout aval de Damas, vient à...