Un conscrit russe qui a tué huit personnes dans une base militaire sibérienne a affirmé jeudi, dans une lettre ouverte, avoir agi en raison de l'"enfer" du bizutage qu'il vivait dans l'armée.
Ramil Chamsoutdinov a ouvert le feu en octobre sur des soldats dans sa base militaire dans la région de Tchita en Sibérie orientale, en tuant huit personnes et en blessant plusieurs autres.
Le ministère de la Défense avait alors avancé la piste d'une "crise de nerfs", en excluant que l'incident puisse être lié au service militaire, obligatoire et d'une durée d'un an pour les hommes âgés de 18 à 27 ans en Russie. Ramil Chamsoutdinov, 19 ans, risque désormais une peine de prison à vie pour "meurtre de masse".
"Je regrette de ne pas avoir pu me retenir et d'avoir choisi une mesure extrême, mais je n'avais pas le choix", a-t-il plaidé dans sa lettre ouverte diffusée sur les réseaux sociaux et dont l'authenticité a été confirmée par son avocat, Rousslan Naguiïev.
Le conscrit assure être un patriote et avoir pensé à devenir soldat de métier. "Mais je ne m'attendais pas à ce que je me retrouve dans un tel enfer", affirme-t-il. "Je ne pouvais plus supporter les sévices".
Le bizutage a été l'un des plus graves problèmes dans l'armée russe dans les années 1990, même si la situation s'est nettement améliorée ces dernières années. Selon les ONG de défense des droits humains, les rites de bizutage restent toutefois fréquents en Russie, où une partie significative de la population échappe, notamment pour ne pas y être confrontée, au service militaire par divers moyens.
Les avocats de Ramil Chamsoutdinov affirment qu'il a été l'objet de menaces de mort de la part des autres soldats, y compris celle de le "noyer dans les toilettes". Selon l'avocat Rousslan Naguiïev, les enquêteurs ont ouvert après l'incident une enquête séparée sur le bizutage présumé ayant visé Ramil Chamsoutdinov et plusieurs autres conscrits.


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