Communautés

L’Église maronite demande à l’État de ne pas laisser les déposants à la merci des banques

Les responsables invités à « faciliter » la tâche du président du Conseil désigné et à ne pas « laisser traîner les choses »

L’Assemblée mensuelle des évêques maronites s’est engagée à tout faire pour permettre à la population de tenir bon dans l’épreuve. Photo Bkerké/Michel Akl

La politique discrétionnaire et officieuse de contrôle des capitaux suivie par l’Association des banques, sans que les autorités publiques, monétaires ou politiques ne bougent le petit doigt pour venir au secours des déposants, a été condamnée hier par l’Assemblée mensuelle des évêques maronites réunie à Bkerké, sous la présidence du patriarche Béchara Raï.

C’est ainsi que, dans son communiqué final, l’Assemblée des prélats a appelé les responsables à « mettre un terme au détournement des droits des déposants à gérer leurs épargnes, que ce soit au niveau de leurs salaires, qui leur permettent de vivre dignement, ou les virements qui permettent aux entreprises privées de poursuivre leurs opérations d’import-export, en particulier dans les secteurs vitaux ».

Les évêques ont invité les autorités à ne pas laisser les déposants à la merci des banques et à mettre en œuvre « une politique financière exhaustive susceptible de mettre fin à l’humiliation des Libanais aux portes des établissements bancaires ». Ils ont toutefois condamné les attaques commises au cours des derniers jours contre certains établissements de crédit.

Depuis plusieurs semaines, rappelle-t-on, les banques libanaises ont établi des mesures restrictives, plafonnant notamment les retraits et limitant la circulation du dollar américain afin de faire face à l’importante crise de liquidités que connaît le pays. Certains déposants ont réagi très vivement à ces restrictions, allant jusqu’aux voies de fait.


Faire traîner les choses

Sur le plan politique, l’Assemblée a demandé aux hommes politiques « de cesser de faire traîner en longueur par des manœuvres et des tiraillements » la formation du gouvernement et de « faciliter » la tâche du président du Conseil désigné, Hassane Diab.

Elle a tenu en outre à condamner « les tentatives d’ignorer et de contourner » les revendications qui se sont exprimées dans la rue depuis le 17 octobre, et « la volonté libanaise » de voir formé « un gouvernement d’indépendants composé d’hommes d’expérience et d’intégrité » capables de libérer « le Liban rendu exsangue par une politique dominée par les intérêts privés et la confiscation de sa liberté de décision sous l’influence des facteurs externes ».

Par ailleurs, les évêques maronites ont exprimé leur « inquiétude » face à l’escalade de la violence dans la région, alors que depuis plusieurs jours la tension monte entre l’Iran et les États-Unis, suite à l’assassinat du général iranien Kassem Soleimani, vendredi. Ils ont appelé la communauté internationale à « déployer tous les efforts possibles » pour empêcher que la situation dégénère et encouragé les différentes parties au dialogue et la communauté politique locale de « s’engager à préserver la concorde interne ».

Ils ont rappelé la vocation du Liban, récemment salué par le pape François comme « un pays d’harmonieuse coexistence », et invité les Libanais a « redécouvrir leur vocation d’apôtres de la liberté et du vivre-ensemble étendu à tous ». « La liberté a toujours été, à travers les siècles, au cœur de l’existence de cette petite patrie, dans un Machrek qui s’écarte toujours d’elle vers des choix qui nuisent à l’homme », ont conclu les évêques.


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C’est...

commentaires (2)

Il a raison Mgr Rai il faut demander aussi à HN

Eleni Caridopoulou

18 h 19, le 09 janvier 2020

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Commentaires (2)

  • Il a raison Mgr Rai il faut demander aussi à HN

    Eleni Caridopoulou

    18 h 19, le 09 janvier 2020

  • surement que les eglises,elles n'en souffrent pas du tout ! quand ils se permettent de VOLER le peuple avec cette arrogance inouie, ils ne vont pas perdre le temps a lui venir en daide !

    gaby sioufi

    10 h 13, le 09 janvier 2020