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Iran

Funérailles populaires grandioses, et endeuillées, pour Soleimani

Plus de 50 morts durant une bousculade dans la ville de Kerman.

Une foule immense a envahi Kerman, dans le sud-est de l’Iran, pour un dernier adieu au général Kassem Soleimani hier dans sa ville natale. Atta Kenare/AFP

Une bousculade a fait hier plus de 50 morts lors des funérailles du général iranien Kassem Soleimani dans le sud-est de l’Iran où une foule réclamait vengeance aux cris de « Mort à l’Amérique », pendant l’hommage au militaire tué en Irak par une frappe américaine.

La bousculade a fait « plus de 50 morts », a indiqué selon un nouveau bilan le chef de l’Institut médico-légal de la ville de Kerman, Abbas Amian, cité par des médias iraniens. L’agence semi-officielle ISNA, citant le chef des secours de la ville Mohammad Saberi, indique pour sa part que 212 personnes ont été également blessées dans le drame, « dont un petit nombre » est dans un « état grave ». À l’hôpital Bahonar, dans le centre-ville, des hommes et des femmes se pressaient pour lire une liste des noms des victimes affichée dans le hall.

En début de soirée, la télévision d’État Iran Press diffusait en direct depuis le cimetière des martyrs de la ville où Soleimani devait être enterré. Plus tôt, le centre de Kerman, ville natale du général, avait été envahie par une marée humaine semblable à celles ayant déferlé dimanche et lundi à Téhéran et dans les autres villes où les cercueils de Soleimani et de ses compagnons d’armes tués avec lui ont transité pour un hommage populaire.

Chef de la Force al-Qods, unité d’élite chargée des opérations extérieures des gardiens de la révolution (l’armée idéologique iranienne), Soleimani était l’architecte de la stratégie de l’Iran au Moyen-Orient. Il a été tué vendredi par une frappe de drone américain devant l’aéroport de Bagdad.

Nouvelles menaces

Le processus d’ « expulsion des États-Unis de la région a commencé », a lancé à la foule de Kerman le général de division Hossein Salami, commandant en chef des gardiens de la révolution. « Nous allons nous venger (...) S’ils (frappent de nouveau), nous mettrons le feu à ce qu’ils adorent » a-t-il dit sur un ton énigmatique. Eux-mêmes savent bien de quels lieux je parle. »

Le Parlement iranien a pour sa part adopté hier en urgence une loi classant toutes les forces armées américaines comme « terroristes » après l’assassinat de Soleimani. « Le martyr Kassem Soleimani est plus puissant et vivant maintenant qu’il est mort », et « plus dangereux pour l’ennemi », a assuré le chef des gardiens devant les cercueils du général et de son bras droit, le général de brigade Hossein Pourjafari, exposés parmi des gerbes de fleurs sur la place Azadi de Kerman.

Élevé à titre posthume au grade de général de corps d’armée, inusité depuis des années en Iran, Soleimani est largement considéré dans son pays comme un héros pour le combat qu’il a mené contre les jihadistes du groupe État islamique en Irak et en Syrie.

À Kerman, les Iraniens ont attendu toute la nuit sur les lieux pour assister aux funérailles. Soleimani « était aimé non pas simplement à Kerman ou en Iran, mais dans le monde entier », assure Hemmat Dehghan. « Le monde entier, les musulmans, les chiites, l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan et tout particulièrement l’Iran, tous lui doivent beaucoup pour leur sécurité », ajoute cet ancien combattant de 56 ans, affirmant être venu de Chiraz, à plus de 500 km.

Aujourd’hui ou demain

Depuis l’assassinat de Soleimani, la communauté internationale redoute une nouvelle déflagration majeure au Moyen-Orient. Alors que les principaux dirigeants civils, religieux et militaires iraniens annoncent une vengeance terrible, les appels à la « désescalade » se multiplient de par le monde. Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, qui devait assister demain à une réunion du Conseil de sécurité à l’ONU, à New York, a indiqué avoir été informé par le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres que les États-Unis lui avaient refusé son visa.

Et les ministres français, allemand, italien, britannique des Affaires étrangères se sont réunis hier à Bruxelles pour évoquer les conséquences de l’élimination de Soleimani, ainsi que les nouvelles décisions concernant l’accord nucléaire. « Cet accord nucléaire est aujourd’hui en danger car en partie vidé de sa substance », a souligné le secrétaire d’État français aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, les Européens pourraient décider « dans les jours qui viennent » de déclencher un mécanisme prévu dans l’accord, susceptible de mener au rétablissement de sanctions de l’ONU contre l’Iran.

Dans cette situation extrêmement tendue, les États-Unis ont créé la confusion lundi en transmettant par erreur aux autorités irakiennes une lettre annonçant des préparatifs en vue du retrait de leurs soldats déployés en Irak. La lettre faisait référence à un vote dimanche du Parlement irakien exhortant le gouvernement à expulser les troupes étrangères d’Irak après la colère provoquée dans ce pays par la frappe ayant tué le général Soleimani. Mais le secrétaire américain à la Défense Mark Esper l’a assuré dans une mise au point devant la presse: « Aucune décision n’a été prise de quitter l’Irak. Point. » Le Premier ministre Adel Abdel-Mahdi a affirmé hier avoir reçu la lettre. Les versions arabe et anglaise ne sont toutefois pas identiques et des éclaircissements ont été demandés, a-t-il précisé.

En attendant, une faction pro-iranienne a affirmé hier à Bagdad que les groupes armés irakiens fidèles à Téhéran allaient unir leurs rangs « aujourd’hui ou demain » pour lutter contre la présence américaine dans la région.

Source : AFP


Une bousculade a fait hier plus de 50 morts lors des funérailles du général iranien Kassem Soleimani dans le sud-est de l’Iran où une foule réclamait vengeance aux cris de « Mort à l’Amérique », pendant l’hommage au militaire tué en Irak par une frappe américaine.

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