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Tokyo pourrait "en principe" demander à Beyrouth l'extradition de Ghosn, affirme la ministre nippone de la Justice

La ministre japonaise de la Justice, Masako Mori, lors d'une conférence de presse à Tokyo, le 6 janvier 2020. Photo AFP / Behrouz MEHRI

La ministre japonaise de la Justice, Masako Mori, a affirmé lundi, lors d'une conférence de presse à Tokyo, que le Japon pouvait "en principe" demander au Liban l'extradition de l'ancien patron de Renault et Nissan Carlos Ghosn, même si les deux pays ne sont pas liés par un accord d'extradition.

Citée par l'agence Reuters, Masako Mori a souligné devant les journalistes que, "en principe, Tokyo peut possiblement demander une extradition à un pays avec qui il n'a pas d'accord d'extradition formel". "Une telle demande devrait être examinée minutieusement, en se basant sur une possibilité de garantir la réciprocité et (l'application de) la loi du pays partenaire", a-t-elle expliqué. La ministre japonaise n'a toutefois pas précisé si des Libanais recherchés par la justice de leur pays se trouvaient au Japon. 

Inculpé au Japon pour malversations financières présumées, Carlos Ghosn avait été libéré sous caution fin avril 2019, mais il avait l'interdiction de quitter le Japon dans l'attente de son procès. Le Franco-libano-brésilien de 65 ans était assigné à résidence à Tokyo. Il pouvait toutefois sortir librement de chez lui et faire des voyages de moins de 72 heures à travers le pays sans demander une autorisation du tribunal. Il a toutefois réussi à s'échapper du Japon de manière spectaculaire, le 29 décembre, et à débarquer au Liban dans des circonstances encore floues. D'après les premières informations, il a embarqué à bord d'un jet privé le 29 décembre en fin de soirée à destination d'Istanbul. Arrivé à l'aéroport Atatürk le lendemain matin, il a pris de là un autre appareil privé pour regagner Beyrouth.

La ministre nippone de la Justice a en outre rappelé avoir ordonné que soient prises "des dispositions pour que les contrôles d'entrée  et de sortie du territoire soient renforcés" afin qu'un cas aussi embarrassant ne se reproduise plus à l'avenir. "S'agissant du dispositif de contrôle des suspects libérés sous caution, j'ai demandé que l'on étudie rapidement comment le modifier. Nous allons étudier différents moyens, comme le suivi GPS", a-t-elle ajouté.

Hier, la ministre japonaise avait fustigé la fuite "injustifiable" de Carlos Ghosn. Les autorités nippones ont ainsi officiellement condamné la fuite de l'ancien patron de Renault et de Nissan au Liban, rejetant aussi ses accusations d'une justice "partiale" et bafouant les droits humains.

Dans un article daté du 2 janvier, Le Commerce du Levant rappelle que l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ne court a priori aucun risque judiciaire au Liban. Même un mandat d'arrêt international émis par le Japon via Interpol aurait peu de chance d’aboutir.

La ministre japonaise de la Justice, Masako Mori, a affirmé lundi, lors d'une conférence de presse à Tokyo, que le Japon pouvait "en principe" demander au Liban l'extradition de l'ancien patron de Renault et Nissan Carlos Ghosn, même si les deux pays ne sont pas liés par un accord d'extradition.Citée par l'agence Reuters, Masako Mori a souligné devant les journalistes que, "en principe, Tokyo peut possiblement demander une extradition à un pays avec qui il n'a pas d'accord d'extradition formel". "Une telle demande devrait être examinée minutieusement, en se basant sur une possibilité de garantir la réciprocité et (l'application de) la loi du pays partenaire", a-t-elle expliqué. La ministre japonaise n'a toutefois pas précisé si des Libanais recherchés par la justice de leur pays se trouvaient au Japon. Inculpé au...