Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas

Prendre de l’âge comporte plusieurs états d’esprit

Comment se fait-il que certains individus vieillissent plus vite que d’autres ? Voyons un peu. Pour les spécialistes, nous avons tous simultanément trois âges : l’âge chronologique, défini par le calendrier ; l’âge biologique, fonction de l’état de notre organisme ; l’âge psychologique, qui est subjectif et se traduit dans notre comportement (on a dit que le vieillissement était un état d’esprit et n’a comme importance que celle qu’on lui accorde).

Il faut savoir que l’énergie vitale peut se conserver jusqu’à un âge très avancé. Une grande part de la dégradation physique attribuée naguère à la fuite du temps est due, en fait, à la maladie.

Au nombre des facteurs déterminants, il faut compter les agressions que subit notre système nerveux par le stress. Celui qui y est exposé constamment vieillit plus vite ; celui qui y échappe se conserve plus jeune. On a noté que les religieuses sont moins sujettes que les autres femmes aux affections cardiaques et au cancer. Leur vie active se prolonge, en effet, bien au-delà de soixante-quinze ans, et leur longévité est supérieure à la moyenne. Il est à prévoir que cet état de choses changera à mesure qu’elles vivront davantage dans le siècle.

Le milieu physique a aussi son importance. Soumise aux agressions des rayons solaires, la peau, par exemple, se dessèche, se tanne, devient rugueuse, perd son élasticité et se ride. On constate soi-même les différences d’âge frappantes entre les zones de peau exposées au soleil et celles qui restent protégées par les vêtements. La température extérieure peut aussi jouer un rôle. Dans certaines régions où le climat est chaud et humide, la durée moyenne de vie est plus courte que dans d’autres où le climat est sec.

Chez l’individu moyen, les premiers cheveux gris deviennent nettement visibles à l’âge de trente-cinq ans, mais ils peuvent aussi bien apparaître dès la vingtième année ou, au contraire, ne pas se manifester avant la cinquantaine. La décoloration prématurée du cheveu est due à différentes causes : carence alimentaire du jeune âge, insuffisance ou excès de l’activité thyroïdienne, traumatisme moral ou physique.

Il semble aussi qu’une certaine diminution de l’acuité auditive soit liée à l’âge avancé. Encore que, dans ce genre de cas, viennent souvent s’ajouter des maladies spécifiques. Certains membres de communautés ont, à soixante-dix ans, l’ouïe aussi fine que les adolescents de dix-sept ans. Cette acuité exceptionnelle est-elle due au fait que leurs communications orales se font à voix douce et ne sont pas exposées à des bruits excessifs ?

En ce qui concerne la vie sexuelle, une enquête a montré que soixante-dix pour cent des couples mariés en bonne santé conservent leur activité sexuelle jusqu’à soixante-quinze ans et au-delà.

Est-il possible de prévenir les effets du vieillissement ou, du moins, de les retarder ? Oui, on peut agir dans un domaine comme celui de l’alimentation. Il semble bien qu’une certaine frugalité pourrait être bénéfique.

En laboratoire, des rats sous-alimentés ont survécu à leurs congénères suralimentés et atteint presque deux fois la longévité moyenne de l’espèce. En outre, ils se sont montrés réfractaires aux tumeurs malignes qui leur avaient été greffées, contrairement à leurs cousins trop nourris qui finirent par mourir, rongés par leur cancer. L’excès de graisse ne se traduit pas seulement par une surcharge de poids ; le tissu adipeux est un tissu vivant et il a besoin de sang ; il faut donc que le cœur travaille davantage pour le lui faire parvenir.

L’exercice physique peut, dans une certaine mesure, différer les méfaits de l’âge. Or il semble qu’à partir de la trentaine l’individu s’intéresse de moins en moins aux efforts musculaires intenses, pour lesquels, du même coup, ses aptitudes commencent à décroître. Le sport, à condition d’être pratiqué d’une manière assidue, réussit à modifier le processus du vieillissement. Quant aux femmes, c’est plutôt la répétition quotidienne des besognes ménagères et professionnelles qui leur permet un lent vieillissement.

Une autre théorie met en avant l’hérédité. Nous serions tous porteurs, en naissant, d’une sorte d’horloge biologique interne réglée pour fonctionner un certain nombre d’années. C’est la thèse que tous les individus sont dotés à la naissance d’une certaine quantité d’« énergie d’adaptation » qui leur permet de faire face au « stress » et autres agressions qu’ils auront à subir au cours de leur vie.

Les multiples « stress » de certains laissent derrière eux une cicatrice indélébile. Pour survivre, l’organisme doit payer en abandonnant un peu de sa jeunesse. Pourtant, en prenant de l’âge, rien ne compte plus, peut-être, que notre état d’esprit. Comme l’a écrit un philosophe : « Les années sont légères aux calmes et aux optimistes ; aux autres, la jeunesse autant que la vieillesse pèsent comme un fardeau. »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Comment se fait-il que certains individus vieillissent plus vite que d’autres ? Voyons un peu. Pour les spécialistes, nous avons tous simultanément trois âges : l’âge chronologique, défini par le calendrier ; l’âge biologique, fonction de l’état de notre organisme ; l’âge psychologique, qui est subjectif et se traduit dans notre comportement (on a dit que le vieillissement était un état d’esprit et n’a comme importance que celle qu’on lui accorde).Il faut savoir que l’énergie vitale peut se conserver jusqu’à un âge très avancé. Une grande part de la dégradation physique attribuée naguère à la fuite du temps est due, en fait, à la maladie.Au nombre des facteurs déterminants, il faut compter les agressions que subit notre système nerveux par le stress. Celui qui y est exposé constamment...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut