L’accord entre Moscou et Kiev permet d’éviter une nouvelle guerre du gaz qui a affecté les approvisionnements européens début 2010. Photo d’archives Reuters
Le géant gazier russe Gazprom a annoncé hier avoir payé 2,9 milliards de dollars à son homologue ukrainien Naftogaz pour mettre fin à un long bras de fer judiciaire devant les juridictions internationales.
« Gazprom a effectué le versement de 2,9 milliards de dollars », a déclaré une porte-parole de cette entreprise. Naftogaz a confirmé avoir reçu cette somme. « Oui, l’Ukraine a reçu de Gazprom 2,918 milliards de dollars », a écrit sur Facebook le directeur exécutif de la compagnie ukrainienne Yuriy Vitrenko.
Le patron de Gazprom Alexeï Miller a dit la semaine dernière que le groupe russe avait accepté de payer l’amende de 2,6 milliards de dollars (2,9 milliards avec les pénalités) à laquelle l’avait condamné la cour d’arbitrage de Stockholm en février 2018. Naftogaz a pour sa part indiqué qu’il abandonnerait en échange toutes les autres poursuites judiciaires engagées devant les juridictions internationales. Ces déclarations sont intervenues peu après l’annonce selon laquelle un accord sur la prolongation du transit du gaz russe pour l’Europe via l’Ukraine a été trouvé par Moscou et Kiev, à l’issue des mois de difficiles négociations.
La cour d’arbitrage de Stockholm avait été saisie dans ce dossier aux multiples facettes après l’arrivée au pouvoir en Ukraine de dirigeants pro-occidentaux en 2014. La condamnation était censée solder tous les contentieux entre Gazprom et Naftogaz, mais d’autres s’y étaient ajoutés ensuite à mesure que les relations ukraino-russes plongeaient.
L’accord entre Moscou et Kiev permet d’éviter une nouvelle guerre du gaz, qui avait marqué les relations entre l’Ukraine et la Russie dans les années 2000. Le contrat en vigueur avait lui-même été signé à l’issue d’une précédente crise gazière, qui avait affecté les approvisionnements européens début 2010. Si l’Europe reste très dépendante du gaz russe (35 % de sa consommation), elle l’est beaucoup moins du transit ukrainien, qui a diminué de 40 % ces quinze dernières années avec la construction de gazoducs contournant l’Ukraine.
Ingérence américaine
Par ailleurs, le gazoduc russe Nord Stream 2 sera mis en service avant 2020, en dépit des sanctions américaines contre les entreprises associées à sa construction, a assuré hier le ministre russe de l’Énergie, Alexandre Novak. « Avant la fin 2020, Nord Stream 2 sera mis en service », a déclaré M. Novak à la presse.
Le président américain Donald Trump a promulgué la semaine dernière une loi imposant des sanctions aux entreprises associées à la construction de Nord Stream 2 et d’un autre gazoduc russe, TurkStream, estimant que ces ouvrages vont accroître la dépendance des Européens au gaz russe et ainsi renforcer l’influence de Moscou. Ces sanctions ont été condamnées par l’Allemagne, le principal bénéficiaire de Nord Stream 2, comme par l’Union européenne, qui dénoncent une « ingérence » américaine dans les affaires européennes.
Quasiment achevé, Nord Stream 2 doit permettre de doubler les livraisons directes de gaz naturel russe vers l’Europe occidentale en passant sous la mer Baltique pour arriver en Allemagne.
Source : AFP


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