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Contre la mobilisation, l'Inde interdit de nombreuses manifestations

AFP / Sajjad HUSSAIN

Les autorités indiennes ont interdit jeudi tout rassemblement dans de grandes parties du pays, allant jusqu'à suspendre les réseaux téléphoniques dans le coeur de la capitale, mais des manifestants poursuivaient la mobilisation contre une nouvelle loi sur la citoyenneté.

La section 144 du code de procédure pénale, qui interdit tout attroupement d'au moins quatre personnes, était jeudi en vigueur notamment dans plusieurs quartiers de Delhi, Hyderabad, Chennai, ainsi que dans les grandes villes de Bangalore, Ahmedabad et Mangalore dans leur intégralité.

La disposition est également valable pour l'ensemble du grand État d'Uttar Pradesh, le plus peuplé d'Inde avec plus de 200 millions d'habitants, et dans plusieurs États du nord-est de l'Inde, où la contestation a débuté et a fait six morts la semaine dernière.

Ce mouvement de protestation, principalement mené par des membres de la communauté musulmane, qui constitue 14% du 1,3 milliard d'Indiens, est l'un des plus importants auxquels doivent faire face les nationalistes hindous du Premier ministre Narendra Modi depuis leur arrivée au pouvoir en 2014.

Deux grands opérateurs téléphoniques indiens, Airtel et Vodafone, ont confirmé que leurs services étaient coupés à la mi-journée dans plusieurs zones de la capitale. "Le gouvernement a émis une directive nous demandant de restreindre les services de téléphonie mobile en certains endroits de Delhi", a déclaré à l'AFP un responsable de Vodafone India.

En fin de matinée, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés à l'un des points de ralliements prévus dans le centre de New Delhi malgré l'interdiction administrative, a constaté une journaliste de l'AFP. Certains d'entre eux tenaient des roses rouges.

La police leur a demandé de se disperser et a arrêté une partie d'entre eux en les embarquant dans des bus. Une quinzaine de stations de métro sont par ailleurs fermées à travers la mégapole de 20 millions d'habitants.

"Impitoyable répression"
Votée la semaine dernière par le Parlement indien, la loi facilite l'attribution de la citoyenneté indienne aux réfugiés d'Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh, à la condition qu'ils ne soient pas musulmans. Ses opposants la jugent discriminatoire et contraire à la Constitution indienne.

En Uttar Pradesh (nord), "nous demandons aux parents de conseiller à leurs enfants" de ne pas aller manifester, a tweeté le chef de la police locale.

Au Bihar voisin, où l'interdiction de manifester était en place dans plusieurs districts, des milliers de sympathisants de partis d'opposition manifestaient en divers endroit de l'État, bloquant des autoroutes et des voies de chemins de fer, selon un correspondant de l'AFP.

L'internet restait suspendu dans plusieurs villes à majorité musulmane d'Uttar Pradesh, ainsi que dans plusieurs États du nord-est. Les coupures d'accès à internet sont une technique fréquemment utilisée par les forces de l'ordre indiennes en cas de manifestations ou troubles.

Au Bengale occidental (est), de grandes manifestations sont à nouveau attendues jeudi après-midi. À Bangalore (sud), la police a notamment arrêté dans la matinée l'éminent historien Ramachandra Guha, auteur d'une biographie de Gandhi, qui participait à un petit rassemblement.

Dans la capitale économique Bombay, des célébrités de Bollywood étaient attendues dans l'après-midi à une manifestation organisée principalement par des jeunes.

"L'heure de protester sur les seuls réseaux sociaux est passée", a estimé sur Twitter l'acteur et réalisateur Farhan Akhtar.

La nouvelle législation ne concerne pas directement les Indiens de confession musulmane mais a cristallisé les peurs et colères de la communauté après cinq ans de gouvernement des nationalistes hindous.

L'organisation de défense des droits humains Amnesty International a appelé les autorités indiennes à "cesser la répression des manifestants pacifiques qui protestent contre (une loi) discriminatoire", qualifiant l'action des forces de sécurité d'"impitoyable".

Les autorités indiennes ont interdit jeudi tout rassemblement dans de grandes parties du pays, allant jusqu'à suspendre les réseaux téléphoniques dans le coeur de la capitale, mais des manifestants poursuivaient la mobilisation contre une nouvelle loi sur la citoyenneté. La section 144 du code de procédure pénale, qui interdit tout attroupement d'au moins quatre personnes, était jeudi en vigueur notamment dans plusieurs quartiers de Delhi, Hyderabad, Chennai, ainsi que dans les grandes villes de Bangalore, Ahmedabad et Mangalore dans leur intégralité. La disposition est également valable pour l'ensemble du grand État d'Uttar Pradesh, le plus peuplé d'Inde avec plus de 200 millions d'habitants, et dans plusieurs États du nord-est de l'Inde, où la contestation a débuté et a fait six morts la semaine dernière....