Le député libanais Fouad Makhzoumi. Photo fournie à L'OLJ.
Le député libanais Fouad Makhzoumi a affirmé mercredi que Dar el-Fatwa était "ouvert" à toute personne qui serait nommée à l'issue des consultations parlementaires contraignantes demain en vue de désigner un nouveau Premier ministre.
"Le mufti de la République, Abdellatif Deriane, a assuré que Dar el-Fatwa est ouvert à tout nom", a déclaré M. Makhzoumi lors d'une conférence de presse depuis le siège de l’instance religieuse. Il a par ailleurs indiqué qu'il n'était pas candidat au poste de chef de gouvernement. "Mais j'ai un projet économique et je me tiendrai aux côtés de toute personne qui l'adoptera", a-t-il noté.
Pour sa part, le bureau de presse de Dar el-Fatwa a publié un communiqué dans lequel l'institution se défend face aux "accusations lancées par certains", en assurant qu'elle "a toujours défendu les musulmans et les Libanais". Le bureau de presse a ainsi dénoncé "une campagne programmée" visant l'instance religieuse sunnite.
L'homme d'affaires libanais Samir Khatib, qui était favori pour diriger le prochain gouvernement, a créé la surprise le 8 décembre à l’issue d’une réunion avec le mufti de la République en se récusant. M. Khatib avait déclaré avoir "été informé par le mufti que ses concertations avec les membres de la communauté musulmane ont abouti à un consensus pour la désignation de Saad Hariri". Il s’était ensuite rendu à la Maison du Centre pour informer M. Hariri de la position du mufti et officialiser son retrait.
Sa démarche a suscité une levée de boucliers dans plusieurs milieux politiques. On reproche à Dar el-Fatwa d’avoir instrumentalisé l’opportunité de l’annonce du retrait de la course de Samir Khatib pour avaliser la candidature de M. Hariri, en arguant d’une entente "musulmane" à ce propos, outrepassant ainsi les dispositions constitutionnelles en occultant le rôle du Parlement pour la désignation du Premier ministre.


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