Sport

La Russie face au spectre d’une exclusion des JO

Dopage

L’AMA doit se prononcer ce matin sur les plus lourdes sanctions de son histoire.

OLJ
09/12/2019 | 00h00

Le drapeau russe flottera-t-il aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020 et de Pékin en 2022 ? L’Agence mondiale antidopage (AMA) doit décider aujourd’hui si elle prononce les plus lourdes sanctions de son histoire, pour punir Moscou d’avoir persisté dans la triche en falsifiant des données qu’elle lui réclamait. Si le comité exécutif de l’AMA, qui se réunit dans la matinée à Lausanne, en Suisse, suit la recommandation de son comité de révision de la conformité (CRC) et assortit la suspension de l’agence russe antidopage (Rusada) de telles sanctions, c’est une véritable mise au ban du sport international qui attend la Russie. Mais elle pourra faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui aura probablement le dernier mot. Un tel séjour au purgatoire solderait en tout cas l’énième épisode d’une saga qui dure depuis cinq ans, depuis les premières révélations sur un système de dopage institutionnel, dirigé entre 2011 et 2015 depuis le ministère russe des Sports avec la participation directe du service secret FSB, selon plusieurs rapports d’enquête. Alors, que risque donc la Russie en cas de sanctions ? Voici les éléments de réponse.

Compétitions internationales

Comme ce fut le cas aux JO de Pyeongchang en 2018, le drapeau russe serait banni des Jeux olympiques et paralympiques d’été et d’hiver, des JO de la jeunesse et de toute autre compétition omnisports (Jeux européens, Universiades), ou de tout championnat du monde organisé sous l’égide des signataires du code mondial antidopage, dont font partie les fédérations internationales de sports olympiques. Et ce pendant quatre ans. Pendant cette durée, les sportifs russes ne seraient admis dans ces compétitions que s’ils démontrent qu’ils n’ont rien à voir avec le système de dopage institutionnel. S’ils montrent patte blanche, ils ne représenteront pas la Russie. À Pyeongchang, la sélection avait été rebaptisée « athlètes olympiques de Russie », faisant sourire certains observateurs qui jugeaient la sanction indulgente. Enfin, aucun officiel ou représentant du gouvernement russe ne serait autorisé sur ces théâtres sportifs, tout comme les dirigeants des comités olympique et paralympique russes.

Accueil de compétitions

Pendant quatre ans, la Russie, grande terre d’accueil d’événements sportifs, ne pourrait accueillir, ni candidater ou se voir attribuer l’organisation des événements cités plus haut. Que le processus ait lieu ou non pendant les quatre ans de la sanction, elle ne pourra pas candidater à l’accueil des JO d’été 2032. Si une compétition lui a déjà été attribuée pour la période concernée par la sanction, l’organisateur devra l’attribuer à un autre pays, « à moins qu’il ne soit impossible de le faire d’un point de vue juridique ou pratique ». Une précision dont pourraient se saisir des fédérations peu enclines à revoir leurs plans. Seraient concernés le championnat du monde masculin de volley-ball en 2022 et l’Universiade d’été en 2023 promise à Ekaterinbourg. Les Mondiaux de lutte sont prévus à Krasnoïarsk en 2022. En revanche, les compétitions continentales comme l’Euro 2020 de football, dont quatre matches sont planifiés à Saint-Pétersbourg, ne seraient pas concernées, pas plus que la finale de la Ligue des champions 2021 de football, prévue dans la même ville. Idem si la compétition n’est qu’une étape dans un circuit mondial, comme le GP de F1 de Sotchi.

Instances sportives

Aucun représentant du gouvernement russe ne pourrait plus siéger au bureau ou dans tout comité d’un signataire du code mondial antidopage, donc de toute fédération sportive internationale. Cette interdiction laisse la porte ouverte à tout citoyen russe qui ne représenterait pas officiellement le Kremlin ou le gouvernement. Et il n’est pas sûr que la sanction s’applique au président russe Vladimir Poutine, ceinture noire (8e dan) de judo et président honoraire de la fédération internationale (FIJ), un titre honorifique mais très symbolique.

Appel devant le TAS

Les sanctions accompagneraient une déclaration de non-conformité au code mondial antidopage de la Rusada. Cette structure a donc la possibilité de faire appel dans les 21 jours devant le TAS. Si elle ne le fait pas, ce que certains prédisent vu la sévérité du directeur général de Rusada, Iouri Ganous, à l’égard des autorités de son propre pays. Mais comme l’a clarifié l’AMA, si Rusada ne fait pas appel, d’autres parties pourraient le faire, comme le Comité olympique russe ou les fédérations internationales. Cet appel suspendrait les sanctions prises par l’AMA, sauf si l’agence demande au TAS de prononcer des mesures provisoires.

Source : AFP

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