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France : malgré la grève contre la réforme des retraites, le gouvernement reste "ferme"

Photo AFP / Bertrand GUAY

Le Premier ministre Edouard Philippe a réaffirmé vendredi sa "très ferme" volonté de mener à son terme la réforme du système de retraite en France, au deuxième jour d'une grève massive que les syndicats entendent poursuivre, notamment dans les transports.

Le projet de réforme des retraites, emblématique du quinquennat d'Emmanuel Macron, a déjà fait descendre au moins 800.000 personnes dans les rues jeudi et paralysé les transports publics parisiens ainsi que la plupart des trains du pays. Enseignants, pompiers, policiers, personnels de santé ou encore contrôleurs aériens se sont également mobilisés.

La compagnie ferroviaire SNCF et la Régie des transports parisiens (RATP) n'attendent pas d'amélioration notable sur leurs réseaux dans les prochains jours. Cinq trains à grande vitesse (TGV) sur six seront annulés samedi et dimanche, selon la direction.

Le gouvernement français, qui promet un mécanisme plus juste, plaide pour un "système universel" de retraite par points censé remplacer à partir de 2025 les 42 régimes de retraites existants, notamment les régimes "spéciaux" dont bénéficient les salariés de la SNCF et de la RATP. Les opposants à cette réforme redoutent, eux, une "précarisation" des retraités, avec un départ plus tardif et des pensions plus basses.

"Je suis persuadé qu'avec les organisations syndicales, nous trouverons le bon point d'équilibre (...) sans renoncer à la volonté très ferme qui est la nôtre (...) de mettre en place ce système universel", a plaidé Edouard Philippe vendredi en insistant sur sa volonté de mener cette réforme "progressivement" et "sans brutalité". Les Français "savent que nous allons devoir travailler un peu plus longtemps", a-t-il ajouté.

L'intégralité du projet - dont certains points restent flous - sera présentée mercredi, a ajouté le chef du gouvernement. De leur côté, renforcés par le succès de leur première journée d'action, les syndicats veulent s'inscrire dans la durée. Ils ont donné rendez-vous à leurs sympathisants pour une nouvelle mobilisation dans la rue le mardi 10 décembre, affichant leur détermination à faire reculer l'exécutif.

Ce dernier a tenté de reprendre la main en annonçant d'ultimes concertations lundi avec les syndicats. La ministre des Solidarités Agnès Buzyn a affirmé que la "colère des Français" qui s'est exprimée la veille avait été "entendue".

La retraite est un sujet éminemment sensible en France. Il avait paralysé le pays plus de trois semaines en décembre 1995 avant que l'exécutif ne recule sur ce dossier. En outre, cette nouvelle initiative visant à réformer le système intervient dans un contexte social déjà très tendu dans plusieurs secteurs (hôpital, étudiants...) et un an après la naissance du mouvement de contestation sociale et fiscale inédit des "gilets jaunes".

Jeudi, la contestation a largement mobilisé: transports, éducation, police, justice, transporteurs routiers, entreprises privées. Ou encore raffineries. Au moins cinq dépôts de carburants étaient bloqués vendredi.


"Cauchemar"

Mais cette mobilisation apporte dans les rues son lot de crispations, notamment chez les usagers des transports en commun de la région parisienne où, "grosso modo, un train sur cinq" circule selon la SNCF.

Dans tout le pays, près de 32% des cheminots étaient en grève (55,6% la veille) en moyenne, un taux atteignant plus de 87% chez les seuls conducteurs, selon la direction de la SNCF. La SNCF a anticipé 90% de TGV et 70% de trains express régionaux annulés.

"C'est un cauchemar, les gens sont encore plus fous que d'habitude. En arrivant Gare du Nord (à Paris), ils ne nous laissaient pas descendre", a commenté Lola, une passagère.

En régions, les halls de gare s'affichaient étonnamment vides, comme à Strasbourg (Est) ou Rennes (Ouest). Côté ciel, Air France a annoncé l'annulation vendredi de 30% de ses vols intérieurs et 10% de ses moyen-courriers, EasyJet, Transavia et Ryanair laissant également des avions au sol. Les compagnies aériennes ont été priées de réduire de 20% leur programme.

Dans les établissements scolaires, le ministre de l'Éducation estimait le taux de grévistes à 10% contre 51,15% dans le primaire et 42,32% dans le secondaire la veille.

Jeudi, certaines manifestations ont été marquées par des heurts, à Paris, Lyon, Montpellier ou Toulouse notamment, mais le Premier ministre a rendu "hommage" aux syndicats, notant que dans "un très grand nombre de villes", les manifestations "se sont bien passées".


Le Premier ministre Edouard Philippe a réaffirmé vendredi sa "très ferme" volonté de mener à son terme la réforme du système de retraite en France, au deuxième jour d'une grève massive que les syndicats entendent poursuivre, notamment dans les transports.

Le projet de réforme des retraites, emblématique du quinquennat d'Emmanuel Macron, a déjà fait descendre au moins...