Le leader druze libanais Walid Joumblatt. Photo d'archives Reuters
Le leader druze libanais et chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, s'est rendu mardi à Aïn el-Tiné et s'est entretenu avec le président du Parlement, Nabih Berry, afin de renouer les contacts politiques après de récentes tensions entre eux, sur fond de divergences autour de la révolte populaire inédite qui secoue le Liban depuis le 17 octobre 2019.
"Après une période de coupure de contacts avec le président Berry en raison des événements dans le pays, je me suis rendu chez M. Berry pour insister sur les liens amicaux et historiques avec lui et afin de couper court aux interprétations selon lesquelles cette coupure est due à un différend politique", a affirmé Walid Joumblatt, lors d'un point de presse à sa sortie de réunion.
Le 19 novembre, une séance parlementaire convoquée par M. Berry était censée se tenir, mais elle avait été annulée sous la pression de la rue, et faute de quorum, après le boycott de plusieurs formations politiques, notamment celle de M. Joumblatt, à la surprise du président du Parlement.
"Ce soir à 19h j'irai m'entretenir avec Saad Hariri. Quant à une éventuelle visite au palais de Baabda, celle-ci dépendra des barrages qui pourraient se trouver sur la route", a plaisanté Walid Joumblatt, en référence aux manifestations régulières organisées sur la route menant au palais présidentiel par les protestataires anti-pouvoir, et les contre-rassemblements tenus par les partisans du président Aoun.
Une des premières réalisations de la révolte populaire lancée le 17 octobre a été la démission du gouvernement de Saad Hariri, le 29 octobre. Mais depuis, le chef de l’État, le président Michel Aoun, n'a toujours pas lancé les consultations contraignantes avec les groupes parlementaires, estimant qu'une formule pour la formation du cabinet doit d'abord être trouvée. On s’attendait à ce que le retrait de Saad Hariri et l’option du candidat Samir Khatib, vice-PDG du groupe Khatib & Alami, accélèrent la tenue des consultations. Mais la validation de cette candidature se fait toujours attendre, faute d’entente. Le Hezbollah refuse à ce jour de se plier aux conditions posées par le Premier ministre sortant, à savoir un gouvernement de sauvetage formé uniquement de spécialistes et doté de pouvoirs exceptionnels.
"Ce n'est pas à moi de soutenir la candidature de Samir Khatib. Tout ce qui se fait maintenant est contraire à la Constitution. Il faut d'abord des consultations parlementaires contraignantes pour ensuite nommer un candidat", a insisté M. Joumblatt, exprimant un clair désaccord avec la position du chef de l'Etat. "Nous ne participerons pas au prochain gouvernement en tant que Parti socialiste progressiste", a-t-il enfin répété, affirmant toutefois que sa formation transmettrait au nouveau Premier ministre une liste de candidats ministériels qu'elle soutient.


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