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Dernières Infos - Liban

Khalil dénonce les fermetures des routes et le blocage de la séance parlementaire


Le ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil. Photo Dalati et Nohra

Le ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil, a condamné dimanche les blocages des routes par les manifestants, mobilisés depuis 46 jours contre la classe dirigeante, accusée de corruption et d'incompétence, et le fait "d'empêcher l'adoption de lois qui permettraient de traduire en justice les responsables corrompus". 

Le 18 novembre, des milliers de Libanais avaient bloqué tous les accès au Parlement, où les députés devaient voter une série de lois, certaines organisant la lutte contre la corruption. Les protestataires refusaient que soit adoptée une loi d'amnistie générale très controversée, qui amnistierait notamment les responsables accusés de crimes financiers, parmi de nombreux autres délits. 

"La protection de la nation ne peut pas se faire en démolissant les institutions, mais via des réformes et l'adoption de législations nécessaires, et ne peut pas se réaliser en empêchant les citoyens de vivre leur vie", a déclaré le ministre sortant, membre du mouvement Amal, du président de la Chambre, Nabih Berry, lors d'une rencontre politique dans la région de Marjeyoun (Liban-Sud). "Lorsque les routes sont fermées, cela n'aide pas à faire entendre les revendications légitimes, mais handicape ces revendications, a-t-il ajouté. Lorsque l'on entrave l'adoption de lois qui permettraient de traduire les responsables corrompus en justice, quelle que soit leur appartenance politique, cela empêche également de réaliser les revendications". 

La question de la fermeture des routes dans le cadre du mouvement de contestation divise les Libanais. Alors que les protestataires estiment qu'il s'agit d'un des seuls moyens dont ils disposent pour faire pression sur les autorités, ce qui leur a notamment permis d'obtenir la démission du gouvernement le 29 octobre, les responsables de certaines formations politiques, comme le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) et le tandem chiite Hezbollah-Amal dénoncent une violation du droit de circuler. 

Ali Hassan Khalil a par ailleurs critiqué "la division des régions et des confessions" du Liban et la construction de barricades, qui avaient fait polémique il y a deux semaines dans certaines zones du pays. "Nous ne permettrons pas un retour en arrière en ce qui concerne la paix civile et l'unité interne", a-t-il affirmé. 

Il y a deux semaines, plusieurs scènes de violence avaient fait craindre un regain de tensions et rappelé aux Libanais un retour à la guerre civile (1975-1990). A Jal el-Dib, dans le Metn, un homme armé d'une kalachnikov, identifié par les manifestants comme un partisan du CPl, avait tiré sur des manifestants ayant installé un barrage. Plus loin sur l'autoroute du Nord, quelques contestataires avaient commencé à construire un mur, haut de quelques blocs de béton, dans le tunnel de Nahr el-Kalb, avant de le détruire peu après. 

La révolte libanaise est entrée dimanche dans sa 46e journée. Les manifestants réclament notamment le départ de tous les responsables libanais et de nombreuses autres revendications socio-économiques, sur fond de crise financière.

Le ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil, a condamné dimanche les blocages des routes par les manifestants, mobilisés depuis 46 jours contre la classe dirigeante, accusée de corruption et d'incompétence, et le fait "d'empêcher l'adoption de lois qui permettraient de traduire en justice les responsables corrompus". Le 18 novembre, des milliers de Libanais avaient bloqué tous les accès au Parlement, où les députés devaient voter une série de lois, certaines organisant la lutte contre la corruption. Les protestataires refusaient que soit adoptée une loi d'amnistie générale très controversée, qui amnistierait notamment les responsables accusés de crimes financiers, parmi de nombreux autres délits. "La protection de la nation ne peut pas se faire en démolissant les institutions, mais via des réformes...