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Quelques dizaines de manifestants, en majorité des femmes, ont tenu un sit-in vendredi devant le siège de l'Union européenne à Zokak el-Blatt à Beyrouth afin de réclamer le départ des réfugiés syriens et palestiniens du pays, alors qu'un contre-rassemblement se tenait à quelques mètres de là afin de dénoncer des slogans "racistes et xénophobes".
"Nous ne voulons pas de peuple au Liban autre que le peuple libanais", ont scandé les manifestants, qui se défendent de tout racisme, affirmant que le pays ne peut plus supporter le poids des réfugiés. "Les Libanais sont devenus des réfugiés dans leur propre pays", déplore une autre manifestante.
"Qui a causé la dette publique? Les réfugiés ou les dirigeants imbéciles?", criaient de l'autre bord les contre-manifestants, qui affirment que la crise actuelle que connaît le pays n'est pas le résultat de la présence des réfugiés.
Réagissant à ces rassemblements, l'UE a affirmé dans un communiqué qu'elle "n'a jamais préconisé l'implantation ou l'intégration des réfugiés syriens au Liban. Nous sommes d'accord avec nos homologues libanais pour dire que le séjour des réfugiés syriens au Liban est temporaire. Nous sommes également d'accord sur le fait que leur retour doit se faire tant qu'il est volontaire, digne, sécurisé et en accord avec le droit international".
Une délégation des manifestants anti-réfugiés était censée transmettre une lettre à l'ambassadeur de l'UE au Liban, Ralph Tarraf, afin de lui faire part de leurs revendications.
Le Liban marque vendredi son 44e jour de révolte populaire inédite contre le pouvoir politique accusé de corruption et d'incompétence. Des centaines de milliers de libanais battent le pavé dans tout le pays depuis le 17 octobre. Les manifestants exigent des mesures rapides pour redresser l'économie, mais refusent que les plus démunis en payent le prix, dans un pays où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.
Le Liban accueille plus d'un million de réfugiés syriens ayant fui le conflit qui ravage leur pays depuis 2011, et actuellement plus de 130.000 réfugiés palestiniens depuis la création de l’État d'Israël en 1948.


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