Le député Samy Gemayel donnant une conférence de presse le 21 août 2019 au siège de son parti à Saïfi. Photo tirée du site kataeb.org
Le président des Kataëb, le député Samy Gemayel, a estimé jeudi que le retard dans la nomination d'un futur Premier ministre, processus attendu depuis près d'un mois, était "injustifiable", reprochant aux responsables politiques de ne pas se rendre compte de l'ampleur de la crise économique que traverse le pays.
"Je ne sais pas si certains responsables vivent au Liban ou à l'étranger mais ceux qui ne se rendent pas compte de l'énorme catastrophe actuelle ont un grand problème", a affirmé M. Gemayel lors d'une conférence de presse, après avoir reçu à Saïfi le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Houssam Zaki. Il a notamment cité pour illustrer la crise actuelle "le nombre de sociétés qui ferment leurs portes", le taux de chômage élevé et les coupes salariales.
Il a par ailleurs estimé que "le retard pris pour la nomination d'un futur Premier ministre est injustifiable". "Ce qui prend du temps, c'est le partage du gâteau", a-t-il accusé, soulignant que la mise sur pied d'un cabinet de spécialistes, choisis pour leurs compétences et pas pour leur appartenance politique, "ne devrait pas prendre de temps". "Depuis le début de la révolution, le peuple libanais est clair dans ses revendications d'un gouvernement de spécialistes", a-t-il insisté, appelant à une nomination la plus rapidement possible "parce que le pays ne peut plus tenir le coup".
Concernant les échauffourées ayant éclaté mardi soir dans son fief de Bickfaya, dans le Metn, entre les habitants et un convoi de partisans du Courant patriotique libre (CPL, fondé par Michel Aoun), M. Gemayel a sommé les responsables à cesser de "semer la zizanie et détourner le dialogue et à se pencher plutôt sur le sauvetage du pays".
Une des premières réalisations de la révolte populaire lancée le 17 octobre a été la démission du gouvernement de Saad Hariri, fin octobre. Mais depuis, le chef de l’État n'a toujours pas lancé les consultations avec les groupes parlementaires, estimant qu'une formule pour la formation du cabinet doit d'abord être trouvée.


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