L'ancien Premier ministre libanais Nagib Mikati. Photo d'archives AFP
L'ancien Premier ministre et député Nagib Mikati a été entendu jeudi matin par le juge d'instruction Georges Rizk au palais de Justice de Beyrouth, en raison de poursuites engagées contre lui pour enrichissement illicite via des prêts au logement subventionnés.
A l'issue de cette audience, M. Mikati a souligné avoir tenu à se présenter en personne devant le juge "par respect pour la justice". Il a annoncé que la prochaine audience aura lieu le 12 janvier. Interrogé par la presse, le député s'est dit "étonné que son nom apparaisse dans la plainte présentée contre lui par la juge Ghada Aoun, alors que cette dernière ne l'a jamais convoqué".
Concernant la révolte populaire contre la classe dirigeante accusée de corruption, Nagib Mikati a estimé que les protestataires ont le droit de réclamer que les corrompus soient jugés, estimant toutefois que les poursuites à son encontre constituent "un défouloir" et que les manifestants méritent mieux que cela.
La procureure près la cour d'appel du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, avait engagé, le 23 octobre, des poursuites contre Nagib Mikati, son fils Maher, son neveu Azmi (fils de Taha), ainsi que la Banque Audi, pour enrichissement illicite par le biais de prêts au logement subventionnés. Elle s'était adressée en direct aux médias sur cette affaire, ce qui lui a valu d'être temporairement suspendue de ses fonctions.
Peu après l'engagement des poursuites, le conseiller de Nagib Mikati avait assuré de la conformité des prêts octroyés, notamment vis-à-vis des règles de la BDL. Lors d’une conférence de presse, M. Mikati avait de son côté martelé que la polémique avait été ravivée pour des motifs politiques.
En 2018, le journaliste Salem Zahrane avait rapporté que des responsables politiques et des personnes fortunées avaient bénéficié par le passé de prêts au logement subventionnés par la Banque du Liban (BDL). Documents à l’appui, le journaliste avait précisé que plusieurs sociétés dirigées par des membres de la famille de l’ancien Premier ministre et actuel député Nagib Mikati ont bénéficié entre 2010 et 2013 de neuf prêts immobiliers subventionnés pour une valeur totale de 14 millions de dollars. Or, avec des fortunes personnelles d’environ 2,8 milliards de dollars, les frères Nagib et Taha Mikati sont des habitués du top 1.000 des plus grosses fortunes du monde publié chaque année par Forbes. Le groupe Mikati avait estimé en ce temps être la cible d’une "campagne de dénigrement". La raison des poursuites engagées par ailleurs contre la Banque Audi n'a pas été précisée, mais les prêts subventionnés par la BDL étant accordés via des banques commerciales, l'établissement pourrait être concerné par cette affaire.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine