Accrochages hier entre manifestants et partisans d’Amal et du Hezbollah, hier à Baalbeck. Photo an-Nahar
À Baalbeck hier, comme à Tyr lundi soir, un groupe de manifestants a été attaqué par des partisans d’Amal et du Hezbollah, avant que l’armée n’intervienne pour séparer les deux groupes et protéger les manifestants, d’autant que les assaillants étaient beaucoup plus nombreux. Un blessé, Mohammad Abdallah, est à déplorer.
Dans les faits rapportés par notre correspondante, Sarah Abdallah, un premier groupe de 14 manifestants arrivé vers 16h à la place Khalil Moutran s’est vite retrouvé encerclé par une centaine de jeunes venus à pied et à mobylette, munis de bâtons et brandissant des drapeaux d’Amal et du Hezbollah. Criant « Chiaa, chiaa » (chiite, chiite), ils se sont rués sur les protestataires qui se sont vite repliés, protégés par l’armée, vers un magasin dont l’entrée a été bloquée par l’armée.
Aussitôt la nouvelle diffusée, associée de rumeurs infondées sur des tirs qui auraient fait une quinzaine de blessés, plusieurs centaines de manifestants contre le pouvoir ont convergé vers la place où l’armée a dû faire appel à des renforts. Les uns scandaient « Révolution ! », les autres des slogans à la gloire du Hezbollah et de Hassan Nasrallah. Aucun de deux camps ne voulait quitter les lieux, en dépit de l’intervention d’hommes de religion. Ce n’est que vers 20h que les partisans d’Amal et du Hezbollah se sont retirés, suite à l’intervention des députés et des forces actives de la région.
Quant aux manifestants, ils ont poursuivi leur mouvement de protestation, soutenus par leurs camarades venus des villages alentour.
La contestation s’est poursuivie hier aussi, dans plusieurs régions du pays. Des protestataires ont contraint, hier matin, plusieurs administrations publiques à Mina, à la lisière de Tripoli, ainsi qu’à Halba, dans le Akkar, à fermer leurs portes.
Des manifestants se sont rassemblés en outre devant la branche locale de l’Office des eaux du Liban-Nord à Mina, et ont appelé les employés à quitter leur bureau, provoquant de vifs échanges verbaux. D’autres contestataires ont forcé la fermeture du central téléphonique de la ville.
À Halba, les protestataires ont obtenu, sous la contrainte, la fermeture de la branche locale de la compagnie de téléphonie publique Ogero, du service postal LibanPost et d’Électricité du Liban, alors que l’armée s’est déployée en masse devant le sérail abritant le conseil municipal de la localité.

