Des rives de la mer Rouge aux rochers d’al-Ula, les participants au Dakar 2020 s’élanceront début janvier pour 12 jours dans les vastes étendues du désert d’Arabie saoudite, selon le parcours dévoilé hier à Paris. Franck Fife/AFP
En 2020, le rallye-raid Dakar change de décor et s’offre un nouveau challenge controversé en Arabie saoudite, au milieu de paysages qui devraient plaire aux nostalgiques des éditions africaines, mais dans un pays à l’image plombée par la question des droits de l’homme. Cela fait un peu plus d’un an que les femmes ont le droit d’y conduire, mais le royaume accueillera le plus célèbre rallye-raid du 5 au 17 janvier prochain, avec Fernando Alonso en guest-star. Environ 350 équipages sont inscrits au départ.
« On s’est réuni pour réfléchir. Mais on a eu beaucoup de garanties du pays, on sait qu’il y a une volonté d’ouverture. Le Dakar n’est pas le premier à aller en Arabie saoudite, il y a déjà beaucoup de gens qui y vont », a souligné David Castera, le nouveau patron de la course. Après un premier chapitre entre Europe et Afrique, puis un deuxième épisode en Amérique du Sud, le Dakar démarre donc une nouvelle page de son histoire en plantant son bivouac au Moyen-Orient, où il compte rester au moins cinq ans. « C’est un nouveau pays, un changement de continent surtout. C’est un nouveau challenge pour tout le monde », a souligné Castera, qui succède à Étienne Lavigne. Des rives de la mer Rouge aux rochers d’al-Ula, les participants s’élanceront pour 12 jours dans les vastes étendues du désert d’Arabie, selon le parcours dévoilé hier à Paris.
Depuis quelques années, le royaume ultraconservateur s’appuie sur le sport pour améliorer son image. Il a ainsi déjà accueilli la Supercoupe d’Italie de football en janvier dernier, il organise depuis l’an dernier une course automobile de formule électrique (FE) et souhaitait donc attirer le célèbre rallye-raid. Ses atouts : ses 2 millions de kilomètres carrés et la variété de ses paysages, entre montagnes, canyons, dunes et oueds, estiment les organisateurs. « On a retrouvé tout l’ADN du rallye au travers de ce grand désert que représente l’Arabie saoudite. On a beaucoup de contrastes et on retrouve tous les types de déserts », a détaillé Castera.
Si la course ne visitera qu’un seul pays cette année, l’Arabie saoudite doit constituer une porte d’entrée vers d’autres États de la région les années suivantes. « Le Dakar a toujours voyagé dans beaucoup de pays et l’idée, plus tard, c’est d’aller aussi dans les pays voisins », a précisé David Castera, en citant Oman, la Jordanie ou encore les Émirats arabes unis. Après 11 éditions en Amérique du Sud, « il était temps de passer à autre chose », a-t-il expliqué.
Pour cette première édition orientale, la course s’élancera de Djeddah, sur les bords de la mer Rouge, et s’achèvera à Qiddiah, sur le terrain d’un futur parc d’attraction gigantesque qui doit ouvrir en 2023 près de la capitale Riyad. Au programme : 7 800 km, dont 5 000 de spéciales, avec cinq étapes dépassant les 450 km. Castera promet « une vraie bataille ». Vainqueur l’an dernier, le Qatari Nasser al-Attiyah défendra son titre dans un contexte géopolitique tendu, son pays étant boycotté par une coalition menée par l’Arabie saoudite. Avec sa Toyota, il devra résister aux Mini de Carlos Sainz et de Stéphane Peterhansel, copiloté cette année par sa femme Andrea, grande connaisseuse du Dakar.
Mais l’attraction du rallye sera un « rookie » nommé Fernando Alonso. Le double champion du monde de F1 (2005 et 2006), en quête d’expériences dans les plus grandes courses du sport automobile, prendra le départ avec comme copilote son compatriote Marc Coma, quintuple vainqueur en moto et ancien directeur sportif de la course. Le duo est engagé chez Toyota.
Source : AFP

