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Liban

L’Arabie saoudite a-t-elle laissé tomber le Liban ?

Éclairage

Riyad affiche un mutisme total face aux manifestations populaires, malgré son intérêt et sa sympathie pour un mouvement qu’il voit d’un bon œil.


20/11/2019

Silence radio. Depuis le début de la contestation populaire au Liban, l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe suivent les événements au pays du Cèdre sans mot dire. Accusée implicitement, dès le début de la révolte, par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah d’être derrière le mouvement populaire, l’Arabie saoudite est soupçonnée de financer l’insurrection libanaise par les nombreux adeptes des théories du complot. Le mouvement de contestation apparaît pourtant à un moment où l’Arabie n’a jamais apparu aussi loin des considérations libanaises.

Si la chaîne al-Arabiya a couvert de près les événements et que les Saoudiens, selon plusieurs sources interrogées, voient avec enthousiasme ce qui se passe, le royaume préfère manifestement ne pas prendre de position officielle. Comment expliquer cette distance de la part de l’un des pays qui ont joué au cours de ces dernières décennies un rôle de premier plan sur la scène libanaise ?

« Tout le monde est relativement prudent pour le moment, à la fois parce que les États veulent comprendre ce qui se passe vraiment et à quoi cette révolution peut aboutir, et parce qu’ils ont des partenaires au gouvernement libanais », résume un haut diplomate européen ayant requis l’anonymat. Ce qui n’exclut pas qu’il y ait un intérêt évident pour ce qui se passe, explique le diplomate qui suit de près le dossier saoudien, ajoutant : « Pour l’Arabie plus particulièrement, la préoccupation principale est de faire reculer l’influence iranienne au Moyen-Orient. Donc tout ce qui va dans ce sens est accueilli favorablement à Riyad. » Le fait que la rue chiite ait brisé le tabou de la peur et se soit jointe aux manifestants a été perçu à Riyad comme un signe de remise en question de l’influence iranienne au Liban, d’autant plus que ces événements se déroulent en même temps que les manifestations en Irak, où le rôle de l’Iran est directement pointé du doigt.



(Lire aussi : Ceux qui voient un complot derrière la révolte libanaise)



Les manifestants libanais ont toutefois mis en avant leur rejet de toute interférence étrangère, notamment celle de l’Arabie saoudite. « Les dirigeants saoudiens affirment clairement qu’ils ne veulent pas faire l’erreur d’interférer dans les affaires libanaises. Ils savent que certains acteurs, comme le Hezbollah, pourraient en profiter », affirme le journaliste Radwan el-Sayyed, ancien conseiller de Saad Hariri, qui rentre juste de Riyad.

L’image du royaume s’est d’ailleurs considérablement dégradée au Liban ces dernières années, à la suite de la séquestration du Premier ministre Saad Hariri à Riyad en novembre 2017.

« Les Saoudiens déclarent qu’ils ne veulent pas faire du tort au hirak au Liban, en s’impliquant avec une partie ou contre une autre », ajoute Radwan el-Sayyed. « Ils ne veulent pas apporter de l’eau au moulin de leurs détracteurs. C’est normal qu’ils soient discrets pour que leur position ne soit pas utilisée contre les mouvements populaires, accusés d’être influencés ou manipulés par Riyad », confirme le diplomate européen.

Riyad a subi une série de revers sur la scène régionale depuis l’arrivée au pouvoir du prince héritier et homme fort du régime, Mohammad ben Salmane. Il est embourbé dans sa guerre au Yémen, n’a pas réussi à faire plier son petit voisin qatari et a subi un véritable choc à la suite des attaques imputées à son rival iranien contre les sites d’Aramco le 14 septembre dernier. L’Arabie saoudite semblait considérer que l’Irak, la Syrie, et même le Liban, après le fiasco de l’épisode Hariri, étaient tombés dans le giron iranien.

« Les Saoudiens estiment que depuis trois ans le Liban est sous la coupe du Hezbollah. Riyad est consterné par la politique libanaise qui se rapproche de l’Iran et de la Syrie, tout en voulant entrer en confrontation avec les Occidentaux et les pays du Golfe », décrypte Radwan el-Sayyed.



(Lire aussi : Comment le monde arabe perçoit le soulèvement libanais)



« Les Saoudiens ont laissé tomber le Liban. Ils ne s’y intéressent plus et ont d’ailleurs arrêté toute aide directe au pays du Cèdre depuis un certain temps », affirme pour sa part Élie Khoury, conseiller pour les relations extérieures auprès des Forces libanaises. « Les Libanais promettent la neutralité, mais ont une politique étrangère à la carte », ajoute-t-il. Le royaume wahhabite a fait évoluer sa position depuis 2017 en s’éloignant de son allié historique, Saad Hariri, perçu comme l’otage de la politique du Hezbollah. « La politique de Hariri ne sied pas à Riyad, qui continue toutefois à le soutenir parce qu’il n’y a pas d’alternative aujourd’hui », commentait récemment à L’Orient-Le Jour un haut diplomate arabe sous couvert d’anonymat. En reconfigurant sa politique, l’Arabie s’est rapprochée encore plus des Forces libanaises, considérées par Riyad comme la principale formation anti-iranienne sur la scène libanaise actuellement.

« Ils ont beaucoup d’estime pour la position des FL », précise Radwan el-Sayyed. « Les relations entre les FL et l’Arabie sont très bonnes », confirme pour sa part Élie Khoury.

La démission de Saad Hariri semble toutefois avoir changé la donne. Le fait que le Premier ministre sortant insiste pour former un cabinet de technocrates pourrait faire les affaires de Riyad dans le sens où cela diminuerait l’influence du Hezbollah au sein du gouvernement. « La position saoudienne pourrait évoluer rapidement à partir du moment où le pays se stabilise », explique le diplomate européen qui estime que les pays du Golfe ont un « intérêt à aider le Liban à se reconstruire, pour éviter le développement d’un autre foyer d’instabilité dans la région ». Le Liban est, selon tous les experts, au bord de l’effondrement économique et a besoin de façon urgente de plusieurs milliards de dollars de liquidités pour stabiliser la situation. « Les plans de soutien (économique, humanitaire) sont prêts, en attendant le bon moment pour les réaliser. Riyad attend d’avoir au moins un gouvernement de technocrates pour appuyer concrètement le nouveau pouvoir », affirme Radwan el-Sayyed. Le Hezbollah qui insiste pour la formation d’un gouvernement techno-politique craint pour sa part l’arrivée de technocrates hors de son contrôle, qui seraient susceptibles de donner notamment un autre ton à la politique étrangère libanaise dans la région. Avec une forme et des enjeux différents, le bras de fer régional se poursuit.



Pour mémoire

Manifestations : l'Arabie saoudite commence à évacuer ses ressortissants du Liban

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Jean abou Fayez

Tant qu'ils ne peuvent emprisonner et tabasser le premier ministre, le Liban ne les intéresse pas...

LA VERITE

« Les Saoudiens estiment que depuis trois ans le Liban est sous la coupe du Hezbollah. Riyad est consterné par la politique libanaise qui se rapproche de l’Iran et de la Syrie, tout en voulant entrer en confrontation avec les Occidentaux et les pays du Golf

L'ARABIE SEOUDITE A FORCE LA MAIN A HARRIRI POUR BIEN LUI MONTRER QUE LE LIBAN NE POUVAIT PAS FAIRE LE DOUX DEVANT L'IRAN EN PERMANENCE
LE MESSAGE A ETE TRES BIEN COMPRIS ET M HARRIRI A TRANCHE
APRES QUE LE PETIT GENDRE AIT ETE FAIRE UN DISCOURS PRO SYRIEN APRES UNE VISITE A HN PHOTOS A L'APPUIT

L'ULTIMATUM DE HARRIRI A ETE : JE NE VEUX PLUS DE GEBRAN AU MINISTERE

RIEN A FAIRE AVEC UN COMPLOT AMERICANO ISRAELO SAOUDIEN AUQUEL BEAUCOUP VEULENT CROIRE POUR CRITIQUER CETTE REVOLUTION QUI SORT DU COEUR DE MILLIONS DE LIBANAIS DE PAR LE MONDE D'AILLEURS ( aucune manifestation pro Aoun ou Bassil n'a eu lieu dans aucun pays du monde par les Libanais emigres malgre tous les voyages du ministre des affaires etrangeres dans le monde entire au frais du contribuable) vous ne trouvez pas cela etrange et explique le degout contre ce gouvernement des Libanais de l'etranger et annule les complots ?

Chucri Abboud

C'est au fond l'alliance pro-israelienne contre l'alliance anti-israelienne .
C'est plus clair comme cela

RAFIC 2005

Quand HN a attaqué en 2007 avec ses chemises noires il avait déjà oublié l' accueil des Libanais pour ses coreligionnaires qui fuyaient le Sud et Dahié des bombardements Israéliens !
Tous les Libanais se sont soutenus pour qu' un an après il nous tape dessus Signé YA HASRA !

TrucMuche

Et donc tout le monde a peur de tout le monde!
Ce qui se passe au Liban serait les prémices ou
la répétition générale de ce qui pourrait se passer
au moyen-orient, Égypte, Iran et Arabie Saoudite
compris.
Cela me rappelle notre propre guerre civile.

Eleni Caridopoulou

Qu'est qu'il attend le Hezbollah puisque en Iran il y a une révolution monstre 100 morts si ce n'est pas plus nous écoutons France 24

Zorkot Mohamed

L'Arabie a-t-elle laissé tomber le Liban ?
D'abord l'Arabie a-t-elle une fois soutenue le Liban ?

RAFIC 2005

Ils ne nous ont fait que du bien
Nous ( Hezb et acolyte) ne leur avons adressé que des insultes alors que ne serait ce que par respect à nos Libanais qui travaillent là bas il y avait au moins un devoir de réserve à observer.
Ils avaient trois milliards sur la table pour nous on refusé
Ils avaient investi au Liban ils ont tout vendu et quitté le Liban
Par contre les Iraniens pas touche
Y’a hasra y’a pauvre Daoulé

LA VERITE

Le Hezbollah qui insiste pour la formation d’un gouvernement techno-politique craint pour sa part l’arrivée de technocrates hors de son contrôle, qui seraient susceptibles de donner notamment un autre ton à la politique étrangère libanaise dans la région. Avec une forme et des enjeux différents, le bras de fer régional se poursuit.

Que le liban s'effondre sur la tete de tout le monde mais que HN SURVIVE Voila la position du Hezballah

Tous les amis du Liban sont pret a aider le Liban des que HB se desarme et ne reste plus un parti Iranien par escence

QUAND HN COMPRENDRA QUE C'EST LA SEULE ISSUE , IL LE FERA MALGRE SES COMMENDITAIRES PUISQU'ON DOIT PENSER QU'IL LUI RESTE AU MOINS UN SENTIMENT LIBANAIS

Malheureusement l'Iran peut lui imposerla une autre alternative qui est de lancer une attaque contre Israel qui ripostera et le peuple sera oblige malgre lui dans un elan de patriotisme Libanais de se souder contre la riposte Israelienne et d'oublier sa revolution

Citoyen

Hormis le coté politique désastreux du Liban vu de l'étranger, tous ces pays amis ont perdu tout espoir de voir émerger un Liban sain démocratique. Ils ont été ,depuis des lustres, à nos cotés, financièrement, sentimentalement et logistiquement.Il y a de quoi être désespéré. Quant à l’Arabie saoudite, c'est tout simplement son intérêt de devenir spectateur.

TrucMuche

L'Arabie Saoudite n'a jamais aimer les situations ou le Chaos prédomine.
Pour le moment, elle a d'autres chats à fouetter à l'interne, pétrole et espoir de réformes 2030, et à l'externe, Yémen, Qatar et UAE.
Elle a peur pour son avenir propre, une révolte pouvant en amener d'autres, chez elle !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA CAUSE DE L,ABANDON DU LIBAN NON SEULEMENT PAR LA SAOUDITE ET LES AUTRES PAYS ARABES MAIS PAR D,AUTRES PAYS AUSSI EST LA PRESENCE ET LES EXACTIONS ET LA MAINMISE DES DEUX MILICES CHIITES IRANIENNES ET LEUR PARAVENT CPL SUR LE PAYS. IL FAUT ETRE AVEUGLE OU IDIOT POUR PENSER AUTREMENT.

Jack Gardner

Tout le monde a laissé tomber le Liban (GCC, l Europ, USA...) a cause de L'iran, le Hzb et Aoun...

C'est fini

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