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Moyen Orient et Monde

Macron subit les foudres des alliés

OTAN

Le Drian devrait présenter des propositions pour combler les lacunes dénoncées par le chef de l’État français à propos de l’Alliance.

OLJ
20/11/2019

Le diagnostic alarmiste d’Emmanuel Macron sur l’OTAN, en état de « mort cérébrale », a déclenché la fureur des alliés et son ministre Jean-Yves Le Drian va devoir apaiser les esprits aujourd’hui à Bruxelles pour lui éviter d’être en position d’accusé lors du sommet de l’Alliance début décembre.

Les commentaires sont très négatifs et l’Allemagne a ouvertement pris ses distances. Annegret Kramp-Karrenbauer, la ministre allemande de la Défense et patronne de la CDU, a ouvertement accusé le chef de l’État français de vouloir remplacer l’OTAN et le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg a mis en garde contre un tel dessein. « Nous devons renforcer l’Alliance, pas l’affaiblir », a-t-il averti hier à la veille d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 29 pays de l’OTAN à Bruxelles. « L’Union européenne ne peut pas remplacer l’OTAN. La sécurité de l’Europe dépend du lien transatlantique. Si on éloigne les États-Unis de l’OTAN, on divise l’Union européenne et on l’affaiblit », a-t-il mis en garde. « Il est dans l’intérêt national de chaque pays de faire partie d’une alliance forte », a-t-il ajouté.

Paris est isolé. « Macron n’a trouvé aucun écho au sein de l’OTAN pour ses virulentes critiques », a confié le représentant d’un pays proche de la France. Aucun soutien non plus pour son appel à reconsidérer la relation avec la Russie.

Message mal compris

« Emmanuel Macron a contraint l’Allemagne à se positionner et pour Berlin, l’OTAN reste l’avenir pour la défense de l’Europe », souligne l’expert allemand Ulrich Speck, collaborateur du German Marshall Fund. « La plupart des États de l’Est de l’Europe veulent garder les États-Unis dans le jeu pour tenir la Russie à distance et montrent peu d’intérêt pour la guerre contre le terrorisme menée au Sud par la France », affirme-t-il.

Mais le mécontentement de la France, un des trois pays de l’Alliance dotés de l’arme nucléaire et de capacités opérationnelles, ne peut pas être ignoré. « Je me rends à Paris la semaine prochaine pour discuter avec le président Macron afin de mieux comprendre son message et les raisons qui sont derrière » ses critiques, a annoncé Jens Stoltenberg. « Lorsque nous avons des divergences, le mieux est d’en parler », a-t-il souligné.

Le chef de l’État français a jugé l’OTAN en état de « mort cérébrale » après avoir dénoncé l’absence de coordination entre les États-Unis et leurs alliés et le cavalier seul de la Turquie après sa décision de mener une opération unilatérale dans le nord-est de la Syrie où étaient positionnés des militaires français engagés dans la lutte contre l’organisation État islamique.

Jens Stoltenberg a récusé les critiques contre un manque de consultation politique sur les questions stratégiques.

Engagement américain

« L’OTAN discute tout le temps des questions d’importance stratégique. Nous le faisons à chaque réunion », a-t-il affirmé. « Mais nous sommes une alliance de 29 pays et nous avons parfois des désaccords sur l’approche à adopter », a-t-il souligné.

Les reproches formulés par la France seront discutés aujourd’hui par les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN lors de leur réunion préparatoire au sommet de Londres des 3 et 4 décembre, a-t-il indiqué.

Jean-Yves Le Drian devrait présenter aujourd’hui des propositions pour combler les lacunes dénoncées par le chef de l’État, a annoncé un diplomate européen. « Nous aurons jusqu’au 3 décembre pour donner une réponse », a-t-il précisé.

Emmanuel Macron a déjà obtenu des assurances sur la solidarité prévue par l’article 5 après l’avoir mise en doute. « Tout le monde doit être assuré qu’en cas d’attaque contre un des membres de l’OTAN, tous les autres réagiront », a affirmé Jens Stoltenberg. « Une chose est certaine : les États-Unis restent engagés en faveur de l’article 5, il est une de nos forces », a assuré hier l’ambassadrice américaine auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchison.

Source : AFP

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Tabet Ibrahim

Emmannuel Macron a raison contre tous les autres pays europeens membres de l'OTAN qui se comportent en vassaux de Washington et s'alignent sur sa politique anti russe

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