X

Moyen Orient et Monde

La Russie restitue à l’Ukraine des navires militaires

Conflit

Le geste de Moscou intervient avant le sommet du 9 décembre à Paris où les présidents russe et ukrainien doivent se rencontrer pour la première fois.

OLJ
19/11/2019

La Russie a rendu hier à l’Ukraine trois navires militaires saisis un an plus tôt au large de la Crimée, à trois semaines d’un sommet censé relancer le règlement du conflit dans l’Est ukrainien. La restitution des bateaux est un nouvel épisode de la relative détente des relations entre les deux pays depuis l’élection en avril à la présidence ukrainienne de l’ex-comédien Volodymyr Zelensky, favorable à une relance du dialogue.

Après un entretien téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine, l’Élysée a estimé hier que la restitution par Moscou des navires à Kiev « contribue à renforcer la confiance ».

En septembre, un échange massif de prisonniers avait pu avoir lieu, permettant notamment le retour en Ukraine des équipages des trois navires après 10 mois de détention en Russie. Par ailleurs, de premiers retraits de troupes ukrainiennes et de combattants séparatistes prorusses ont pu se tenir dans trois secteurs de la ligne de front à l’est, où le conflit a fait plus de 13 000 morts.

Dernier signe de ce réchauffement, l’annonce d’un sommet le 9 décembre à Paris, qui doit réunir le président Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, et les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Volodymyr Zelensky. MM. Poutine et Zelensky ne se sont encore jamais rencontrés. Aucun sommet de ce type, appelé format « Normandie », n’a eu lieu depuis 2016. Or c’est justement ce forum qui organise le processus de paix issu des accords de Minsk, signés en 2015.

Lors d’une conférence de presse hier à Moscou, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a dit espérer que Paris ferait « son maximum pour lever toute ambiguïté et pour que le sommet confirme l’intangibilité et l’absence d’alternative à l’application des accords de Minsk ». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, est lui attendu aujourd’hui à Kiev pour aider à la préparation du sommet. Il s’entretiendra avec les responsables ukrainiens et se rendra sur la ligne de front.

Geste de bonne volonté

Le retour des trois navires ukrainiens apparaît comme un geste de bonne volonté de Moscou. Ces bâtiments avaient été saisis par les garde-côtes russes en novembre 2018 au large de la Crimée, territoire ukrainien annexé par Moscou en 2014. Cet incident a constitué la première confrontation armée directe entre la Russie et l’Ukraine.

Kiev a confirmé avoir repris possession des navires, tout en refusant de dévoiler leur destination précise en Ukraine. Dès dimanche, une vidéo diffusée par des médias de Crimée montrait les bateaux remorqués par des garde-côtes russes, passant sous le pont construit à grands frais par Moscou pour relier la péninsule à la Russie.

Moscou avait saisi les navires, les accusant d’avoir pénétré illégalement dans ses eaux territoriales en mer Noire, près du détroit de Kertch. Les garde-côtes russes avaient alors ouvert le feu et capturé 24 marins ukrainiens, en blessant trois. Les marins ont été relâchés dans le cadre de l’important échange de prisonniers du mois de septembre, qui a aussi vu la libération du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov.

Avancées

L’achèvement, le 9 novembre, d’un retrait de troupes ukrainiennes et séparatistes prorusses de trois petits secteurs de la ligne de front dans l’est de l’Ukraine a rempli une condition-clé fixée par Moscou pour participer au sommet de paix. Mais ce recul des troupes, ordonné par le président Zelensky, est impopulaire au sein d’une partie de la population ukrainienne, en particulier chez les nationalistes et des anciens combattants qui ont manifesté en nombre.

Pour Moscou, la résolution du conflit dans l’Est ukrainien passe par l’adoption d’un statut d’autonomie pour les territoires séparatistes de Lougansk et Donetsk, puis la tenue d’élections locales dans ces régions. Pour Kiev, le préalable à un scrutin est le contrôle de ses frontières, le désarmement des rebelles et le départ des Russes les soutenant.

Kiev et Moscou sont à couteaux tirés depuis l’arrivée début 2014 de nouvelles autorités pro-occidentales à Kiev et l’annexion de la Crimée. Ukrainiens et Occidentaux accusent la Russie de soutenir financièrement et militairement les séparatistes, ce que le Kremlin nie malgré de nombreuses preuves.

Source : AFP

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Émilie SUEUR

L’édito de Émilie SUEUR

Indigne pouvoir libanais

Décryptage de Scarlett HADDAD

Ultimes concertations avant les consultations

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants