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Trump "envisage" de témoigner dans l'enquête en destitution qui le menace

AFP
18/11/2019

Donald Trump a assuré lundi "envisager sérieusement" de témoigner dans le cadre de l'enquête en destitution qui assombrit sa campagne de réélection, au coup d'envoi d'une semaine riche en auditions publiques potentiellement explosives.

La chef des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a suggéré "que je témoigne dans l'enquête bidon en destitution. Elle a même dit que je pourrais le faire par écrit", a tweeté le président américain.

"Même si je n'ai rien fait de mal et n'aime pas apporter de crédit à cette parodie de justice, j'aime cette idée", a-t-il ajouté: "Je vais l'envisager sérieusement."

Mme Pelosi avait reproché la veille au milliardaire républicain de critiquer l'enquête sur les réseaux sociaux. "S'il n'est pas d'accord avec ce qu'il entend, il ne devrait pas tweeter, il devrait venir devant la commission et témoigner sous serment. Il peut aussi le faire par écrit", avait-elle déclaré sur la chaîne CBS.

La Maison Blanche, qui dénonce une "chasse aux sorcières" illégale, a refusé jusqu'ici de collaborer aux investigations, interdisant aux collaborateurs du président de témoigner ou de fournir des documents au Congrès.

Les démocrates ont décidé, il y a bientôt deux mois, d'ouvrir une enquête à la Chambre des représentants qu'ils contrôlent pour déterminer si Donald Trump a abusé de ses pouvoirs à des fins personnelles.

Ils ont activé la procédure de destitution - qui n'avait jusque-là servi qu'à trois reprises - après avoir appris que Donald Trump a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.


"Le pays impressionné"

Les démocrates soupçonnent le président d'avoir exercé des pressions sur Kiev pour parvenir à ses fins, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie, ce qu'il nie.

Après six semaines d'auditions à huis clos, les parlementaires ont commencé la semaine dernière à interroger publiquement leurs témoins.

Selon un sondage ABC/Ipsos réalisé après ces auditions, une courte majorité d'Américains, 51%, souhaite désormais que le président soit destitué, en légère hausse par rapport à la moyenne des précédentes études d'opinion (48%).

Cette hypothèse reste toutefois peu probable compte tenu de la majorité républicaine au Sénat qui, selon la Constitution, sera chargé du procès du président après sa mise en accusation ("impeachment") à la Chambre.

"La semaine dernière, le pays a été impressionné par la valeur et le patriotisme" des diplomates interrogés, a souligné Mme Pelosi dans un courrier adressé lundi aux membres du groupe parlementaire. "Cette semaine, de nouveaux témoins vont exposer courageusement la vérité et défendre notre démocratie."


Un million de dollars

La commission du Renseignement de la Chambre, qui avance au pas de course, doit entendre pas moins de neuf témoins entre mardi et jeudi, un dernier nom ayant été ajouté à la liste lundi.

L'audition mercredi de l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, est particulièrement attendue.

Ce riche homme d'affaires a obtenu ce poste après avoir donné un million de dollars au comité d'investiture de Donald Trump. Contrairement aux diplomates entendus jusqu'ici, il était en lien direct avec le président républicain cet été.

Lors de son interrogatoire à huis clos, M. Sondland avait d'abord nié que l'aide militaire ait servi à faire pression sur le gouvernement ukrainien. Contredit par d'autres témoins, il s'était ensuite "souvenu en avoir parlé, en aparté" avec un conseiller du président ukrainien.

Depuis, il est apparu qu'il avait aussi omis de mentionner avoir discuté avec Donald Trump le 26 juillet, juste après l'appel entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. M. Sondland, qui risque des poursuites pour parjure, retrouvera-t-il le souvenir de cet échange ?

La veille, les élus auditionneront notamment un conseiller à la Maison Blanche et militaire respecté, Alexander Vindman, qui pourrait se présenter en uniforme comme lors de son audition à huis clos. Ils questionneront aussi l'émissaire spécial en Ukraine Kurt Volker qui leur a communiqué une série de SMS dommageables pour la défense du président.


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