La consommation de carburant est élevée en Iran, où les 80 millions d’habitants consomment en moyenne 90 millions de litres par jour, selon IRNA. Photo AFP
L’Iran, plongé dans une grave crise économique, a augmenté hier d’au moins 50 % le prix de l’essence afin, selon son président Hassan Rohani, d’aider ses habitants dans le besoin en redistribuant les bénéfices et non pour combler son déficit budgétaire. L’Iran est l’un des pays où l’essence est la plus subventionnée : le prix du litre était jusqu’alors fixé à 10 000 rials iraniens (soit 0,24 dollar).
« Augmenter les prix du pétrole (...) permet d’aider les franges de la société en difficulté », soit « 75 % de la population », a déclaré M. Rohani au cours d’une réunion du gouvernement, selon l’agence officielle IRNA. « Personne ne devrait imaginer que le gouvernement a fait cela car il fait face à des difficultés économiques ; pas un rial n’ira au Trésor (public) », a-t-il ajouté.
Chaque conducteur disposant d’une carte pour faire le plein à la pompe paiera désormais 15 000 rials (soit 0,36 dollars) par litre pour un maximum de 60 litres d’essence par mois, a indiqué dans un communiqué la Compagnie nationale iranienne de distribution des produits pétroliers (NIOPDC). Au-delà, chaque litre supplémentaire coûtera 30 000 rials (0,72 dollar). Ces cartes avaient été introduites en 2007 lorsque le gouvernement avait déjà tenté de réformer le système de subventions et de lutter contre la contrebande. Ces cartes avaient été progressivement abandonnées, avant leur réintroduction en novembre 2018.
Selon M. Rohani, les revenus tirés de la réforme du prix de l’essence bénéficieront à près de 60 millions d’Iraniens. Les premiers versements seront réalisés sous 10 jours, selon le responsable de la Planification et du Budget, Mohammad Bagher Nobakht, cité par IRNA. Les montants iront de 550 000 rials (environ 4,64 dollars au taux du marché libre) pour les couples à 2 millions de rials (soit 17,5 dollars) pour les foyers de cinq personnes et plus.
Source : AFP

