Une des salles d'audience de la CEDH, à Strasbourg, en France. Photo d'archives REUTERS
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné jeudi la Finlande pour sa décision d'expulser un Irakien tué dès son retour dans son pays d'origine. "La Cour juge en particulier que les autorités finlandaises ne se sont pas livrées à un examen suffisamment attentif des risques encourus par le père de la requérante en Irak", a expliqué l'institution judiciaire du Conseil de l'Europe dans un communiqué.
Cet Irakien sunnite de Bagdad, qui avait fui son pays en 2015 pour la Finlande, était un ancien enquêteur au ministère de l'Intérieur irakien. Il avait travaillé notamment sur des milices chiites et avait été victime de deux tentatives d'attentat dans un contexte de tensions entre groupes musulmans chiites et sunnites, a relaté la CEDH. Estimant que les sunnites ne faisaient pas, en tant que tels, l'objet de persécutions en Irak, la Finlande a pris une décision d'expulsion exécutoire à son encontre et l'homme a accepté à la suite de cela un plan de retour volontaire. Il a été tué dans une rue de Bagdad par trois balles peu de temps après son retour en Irak en novembre 2017.
Les sept juges de la CEDH ont ainsi considéré qu'il y avait eu violation des articles 2 (droit à la vie) et 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants) de la Convention européenne des droits de l'homme. Ils ont condamné la Finlande à verser 20.000 euros pour dommage moral à la fille de cet homme qui avait saisi la cour en 2018.


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