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Liban - Justice

Que se passe-t-il à la municipalité de Beyrouth ?

Poursuites judiciaires contre un responsable de comptabilité et démission d’un membre du conseil municipal se sont succédé ces derniers jours.


La terrible inondation d’eaux usées à Ramlet el-Baïda en novembre 2018, due au détournement non étudié d’une bouche d’égout à l’époque. Photo d’archives tirée de Facebook

Le juge Ali Ibrahim, procureur général financier, a engagé des poursuites contre le président de l’unité de comptabilité de la municipalité de Beyrouth par intérim pour « falsification de documents et dilapidation de fonds publics », rapporte l’Agence nationale d’information. Ce dossier a été transféré par le juge Ibrahim au premier juge d’instruction de Beyrouth.

Suivant des informations obtenues auprès d’une source proche de la municipalité, ce responsable, H.M., a été entendu par le procureur financier en 2015 et non récemment, pour une affaire administrative liée à la signature d’un employé sur une fiche de présence, alors qu’il ne se trouvait pas dans le département en question, ce qui n’a pas été vérifié à l’époque. Toujours selon cette source, même si cette affaire était avérée, elle n’aurait constitué qu’une infraction administrative, et non un délit comme énoncé dans l’information citée plus haut. Toutefois, une autre source proche du dossier interrogée par L’Orient-Le Jour confirme que l’accusé a bel et bien été interrogé il y a plusieurs années de cela, mais que « l’autorisation d’engager des poursuites vient d’être accordée », confirmant les chefs d’accusation de falsification et de dilapidation de fonds publics.

À noter que selon des sources bien informées, il n’est pas exclu que des responsables de la municipalité, même des membres du conseil municipal (président inclus), puissent être entendus dans certaines affaires qui sont aujourd’hui au centre de scandales ou de contestations, à l’instar de l’acquisition d’un incinérateur pour la capitale (qui fait polémique pour des raisons autant écologiques que financières), des travaux de réhabilitation du pont et du tunnel Salim Salam (ayant coûté plus que prévu, selon certains observateurs) ou encore du contrat avec une compagnie privée chargée de la décoration de Noël (la saison dernière) pour une somme jugée astronomique.


Questions écrites sur Ramlet el-Baïda

C’est pour des raisons en relation avec certains de ces dossiers que Hoda Osta Kaskas, qui représente le parti du Dialogue du député Fouad Makhzoumi, aurait présenté sa démission du conseil municipal.

Dans un communiqué, le parti précise que Mme Kaskas a présenté deux questions écrites à propos du contrat de la décoration de Noël 2018, des empiétements sur le domaine public maritime et de la catastrophe de l’inondation des eaux usées à Ramlet el-Baïda en novembre 2018. Elle avait également présenté au conseil municipal et au mohafez de Beyrouth un rapport détaillé sur les raisons de rejeter l’installation d’un incinérateur dans la capitale, accompagné d’une initiative environnementale de sensibilisation sur le tri à la source et le recyclage. Le plus important, selon le communiqué, « c’est qu’elle s’est opposée à plusieurs projets et contrats de gré à gré, notamment ceux qui ne sont pas considérés comme des priorités à l’instar de festivals par exemple, et qui ont coûté des millions de dollars au contribuable ».

Le parti du Dialogue affirme « avoir demandé à Mme Kaskas de démissionner du conseil municipal étant donné qu’il n’y a plus d’espoir de réformer ses pratiques discutables et opaques ». Elle devrait tenir une conférence de presse demain jeudi pour détailler les raisons de son départ.


Le juge Ali Ibrahim, procureur général financier, a engagé des poursuites contre le président de l’unité de comptabilité de la municipalité de Beyrouth par intérim pour « falsification de documents et dilapidation de fonds publics », rapporte l’Agence nationale d’information. Ce dossier a été transféré par le juge Ibrahim au premier juge d’instruction de Beyrouth....
commentaires (1)

Chaque jour un nouveau scandale et espérons que dans cette grotte de Ali Baba beyrouthine on trouvera et jugera les vrais voleurs cette fois .

Antoine Sabbagha

17 h 25, le 13 novembre 2019

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Commentaires (1)

  • Chaque jour un nouveau scandale et espérons que dans cette grotte de Ali Baba beyrouthine on trouvera et jugera les vrais voleurs cette fois .

    Antoine Sabbagha

    17 h 25, le 13 novembre 2019

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