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Moyen Orient et Monde - Bolivie

Vacance du pouvoir, après la démission forcée d’Evo Morales

Le président bolivien lâché par l’armée et la police, après trois semaines de violentes manifestations.

Des heurts entre les partisans de l’ex président Evo Morales et les opposants à La Paz en Bolivie. Carlos Garcia Rawlins/Reuters

La Bolivie se trouvait hier sans dirigeant, suite à la démission forcée dimanche de son président Evo Morales, lâché par l’armée, après trois semaines de violentes manifestations. Les successeurs prévus par la Constitution en cas de départ du président ont en effet tous démissionné avec lui : le vice-président Alvaro Garcia, la présidente et le vice-président du Sénat et le président de la Chambre des députés.

Dimanche soir, la deuxième vice-présidente du Sénat, l’opposante Jeanine Anez, a revendiqué son droit à devenir chef de l’État par intérim « avec le seul objectif d’appeler à de nouvelles élections », a-t-elle dit sur la télévision Unitel. Mais la nomination du remplaçant par intérim d’Evo Morales revient au Parlement, où ses partisans sont toujours majoritaires. Les législateurs devaient se réunir hier, mais nombre d’entre eux avaient du mal à rejoindre La Paz, à cause des problèmes de transport.

L’Organisation des États américains (OEA) a appelé hier « à la paix et au respect de la loi » pour résoudre la crise politique en Bolivie et demandé « une réunion urgente » du Parlement bolivien « pour garantir le fonctionnement des institutions et nommer de nouvelles autorités électorales pour garantir un nouveau processus électoral ».

Tags, vitrines brisées, commerces pillés : les signes de la nuit de violence qui a secoué La Paz dans la foulée de la démission de Morales étaient encore visibles. Hier matin, l’ex-président a appelé ses opposants, qu’il a qualifié de « racistes et putschistes », à ramener la paix dans le pays. « Qu’ils assument la responsabilité de pacifier le pays et de garantir la stabilité politique », a-t-il twitté. Il a également remercié de leur fidélité tous les hauts responsables politiques qui ont démissionné pour le suivre.

« Je renonce à mon poste de président. » La déclaration dimanche soir du leader indigène de 60 ans, au pouvoir depuis 2006, mettait fin à une période au cours de laquelle Evo Morales s’était retrouvé de plus en plus isolé. Mais le coup fatal a été porté par l’armée et la police, qui lui ont retiré dimanche leur soutien dans l’après-midi, l’appelant à démissionner « pour le bien de la Bolivie ».

Evo Morales a annoncé dans la soirée qu’un mandat d’arrêt « illégal » avait été émis contre lui, ce qu’a démenti le chef de la police. La police a en revanche arrêté immédiatement la présidente du Tribunal suprême électoral (TSE), Maria Eugenia Choque, ainsi que son vice-président, sur ordre du parquet qui enquête sur des irrégularités commises dans le scrutin d’octobre. Le ministre de l’Intérieur Carlos Romero, un des derniers à ne pas avoir donné sa démission, s’est réfugié hier dans l’ambassade d’Argentine à La Paz, selon le quotidien argentin Clarin.

Dans les rues

Dimanche soir, des milliers d’habitants ont déferlé dans les rues du pays pour célébrer le départ d’Evo Morales, agitant le drapeau bolivien entre rires et larmes, après la violente vague de contestation au cours de laquelle trois personnes ont été tuées et 383 ont été blessées.

« Cet imbécile (Morales), qui ne sait pas réfléchir, est parti par la fenêtre, quelle bonne nouvelle, on est heureux », confiait à l’AFP Reggina Sojas, commerçante de 61 ans, venue se réjouir sur l’avenue El Prado, le principal axe de La Paz.

À La Paz et à El Alto, une ville proche de la capitale bolivienne et favorable à Morales, l’annonce de sa démission a été accueillie par des violences. Des domiciles de personnalités opposées à Morales ont été incendiés, et des dizaines de personnes semaient la peur au cours de la nuit dans le quartier aisé d’Achumani, dans le sud de La Paz, selon les médias locaux.

Source : AFP

La Bolivie se trouvait hier sans dirigeant, suite à la démission forcée dimanche de son président Evo Morales, lâché par l’armée, après trois semaines de violentes manifestations. Les successeurs prévus par la Constitution en cas de départ du président ont en effet tous démissionné avec lui : le vice-président Alvaro Garcia, la présidente et le vice-président du Sénat et le président de la Chambre des députés. Dimanche soir, la deuxième vice-présidente du Sénat, l’opposante Jeanine Anez, a revendiqué son droit à devenir chef de l’État par intérim « avec le seul objectif d’appeler à de nouvelles élections », a-t-elle dit sur la télévision Unitel. Mais la nomination du remplaçant par intérim d’Evo Morales revient au Parlement, où ses partisans sont toujours majoritaires. Les...
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