Des lauréats du concours d'entrée de la fonction publique pour des postes de douaniers manifestant sur la route menant au palais de Baabda, le 11 novembre 2019. Photo Ani
Un dizaine de lauréats du concours de la fonction publique pour des postes de douaniers se sont mobilisés lundi matin sur la route menant au palais présidentiel afin de protester contre le gel des nominations dans la fonction publique, ce qui les empêche de prendre en charge leur poste plus de cinq mois après leur réussite au concours.
Les contestataires, rassemblés au niveau du carrefour dit "Sayyad", sur l'autoroute menant du sud-est de Beyrouth à Hazmiyé, dénonçaient "l'injustice" de leur cas et réclamaient une audience avec le chef de l'Etat, Michel Aoun, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). Ils réclamaient d'être nommés "le plus rapidement possible". L'Agence rapporte que plus de 800 lauréats sont concernés par cette affaire.
Vers 11h, une délégation de ces lauréats s'est dirigée vers le palais présidentiel où elle a été reçue par le président Aoun. Après la réunion avec le président, les lauréats ont décidé de suspendre leur mouvement de contestation jusqu'à la formation du nouveau gouvernement qui devrait se pencher sur ce dossier.
Tous les recrutements dans la fonction publique sont gelés depuis l'adoption, en 2017, de la loi sur la nouvelle grille des salaires augmentant les revenus des fonctionnaires. Toutefois, un alinéa de la loi de finances de 2019 (votée le 31 juillet) préserve les droits des lauréats de la fonction publique toujours non affectés à des postes, une disposition critiquée par les responsables du Courant patriotique libre, fondé par le chef de l'Etat, Michel Aoun. Ce dernier avait refusé, en raison de cette alinéa, de parapher le budget 2019, jugeant que cet article 80 constitue un cavalier budgétaire. Selon les députés du CPL, cette disposition exemptant certains lauréats du gel des recrutements n’est pas conforme au principe de la parité entre musulmans et chrétiens.


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