Gilles de Kerchove, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme. Photo d'archives AFP
Un grand nombre d'antiquités volées en Syrie et en Irak pendant le califat du groupe État islamique (EI) sont cachées dans la région en attendant d'être revendues, a assuré jeudi à Paris Gilles de Kerchove, coordinateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme.
"J'ai la conviction que beaucoup de ce qui a été volé est pour le moment stocké autour de la Syrie et de l'Irak pour attendre que l'attention diminue et qu'on puisse remettre ces choses là sur les marchés, chez Christie's, chez Sotheby's, dans six ou sept ans", a-t-il dit lors d'une conférence sur la menace terroriste.
"Dans sa propagande, Daech (acronyme en arabe de l'EI) détruisait les sites archéologiques, mais, en réalité, l'EI vendait des permis de fouilles et volait lui-même", a-t-il ajouté. Ce mode de financement était toutefois "marginal" pour l'EI, a-t-il précisé.
M. de Kerchove, qui assure avoir beaucoup travaillé sur la question, a ajouté que la lutte contre le trafic d'antiquité est difficile parce que "beaucoup de gens qui achètent n'ont pas conscience qu'ils financent le terrorisme".
"Avec les antiquités, l'objet est beau, on a même l'impression qu'on rend service à l'humanité en protégeant une pièce superbe contre la destruction contre les Barbares. L'acheteur se dit : +Tant mieux si le l'ai dans ma collection+".
"C'est un cercle vicieux: comme il y a très peu d'affaires qui ont été menées à bien en justice, on ne met pas beaucoup de ressources dans les services de police, donc il n'y a pas beaucoup d'affaires qui sont générées", a-t-il dit.
L'UNESCO a à plusieurs reprises dénoncé "l'immensité des dégâts" provoqués par les combats et les fouilles clandestines en Syrie et en Irak.
"J'ai la conviction que beaucoup de ce qui a été volé est pour le moment stocké autour de la Syrie et de l'Irak pour attendre que l'attention diminue et qu'on puisse remettre ces choses là sur les marchés, chez Christie's, chez Sotheby's, dans six ou sept ans", a-t-il dit lors d'une conférence sur la menace terroriste."Dans sa propagande, Daech (acronyme en arabe de l'EI) détruisait les sites archéologiques, mais, en réalité, l'EI vendait des permis de fouilles et volait lui-même", a-t-il ajouté. Ce mode de financement était toutefois "marginal" pour l'EI,...


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