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Moyen Orient et Monde - Syrie

Le régime appelle les forces kurdes à intégrer l’armée

Des représentants du gouvernement syrien et de l’opposition se sont réunis hier à Genève.

Un convoi de rebelles syriens hier à Ras el-Aïn. Nazeer Al-Khatib/AFP

Le régime syrien a appelé hier les forces kurdes à intégrer les rangs de l’armée déployée dans le nord-est de la Syrie, où une offensive turque a été interrompue par deux accords de trêve, ont annoncé les médias officiels à Damas. Cet appel intervient après le plus important déploiement depuis 2012 de troupes de Bachar el-Assad dans cette partie du pays dont elles s’étaient retirées après le début de la guerre en Syrie. Les forces kurdes ont, plus tôt en octobre, appelé le régime Assad à l’aide pour les aider à contrer l’offensive d’Ankara lancée le 9 octobre, après avoir été lâchées par les États-Unis qui ont donné un feu vert de facto à cet assaut.

« Le commandement général des forces armées est prêt à accueillir les membres des unités des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes, NDLR) qui souhaitent rejoindre ses rangs », a indiqué le ministère syrien de la Défense dans un communiqué relayé par l’agence étatique SANA. Tous les Syriens, y compris la minorité kurde, sont confrontés à « un seul ennemi », ajoute le texte dans une allusion à la Turquie. Le ministère syrien de l’Intérieur a pour sa part appelé les membres de la police kurde des Assayech à rejoindre les rangs de la police syrienne, selon SANA. La télévision publique syrienne a pour sa part rapporté hier que de violents affrontements ont éclaté entre l’armée syrienne et les forces turques près de la ville frontière de Ras el-Aïn. La chaîne n’a fourni aucun détail, mais selon des rebelles soutenus par la Turquie, des accrochages intermittents se sont produits ces derniers jours dans ce secteur situé dans la « zone de sécurité » qu’Ankara a établie en territoire syrien. Des patrouilles conjointes entre les armées turque et russe doivent débuter demain dans la « zone de sécurité ».

« Un nouveau chapitre pour la Syrie » ?

Sur le plan diplomatique, des représentants du gouvernement syrien et de l’opposition se sont assis hier face à face pour le lancement à Genève du comité chargé de réviser la Constitution de la Syrie, une réunion censée ouvrir, selon l’ONU, « un nouveau chapitre » pour mettre fin à un conflit de plus de huit ans. Le Comité constitutionnel, placé sous l’égide des Nations unies, est composé de 150 membres, répartis à égalité entre le gouvernement du président Bachar el-Assad, les différentes factions de l’opposition et des représentants de la société civile. Il y a toutefois peu d’espoir de voir cette réunion déboucher sur une solution politique au conflit syrien, qui a fait plus de 370 000 morts depuis 2011.

Mais l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, s’est voulu résolument optimiste dans son discours d’ouverture, parlant de « moment historique » et de « nouveau chapitre pour la Syrie ». « Je sais que ce n’est pas facile pour vous tous d’être ici ensemble », a-t-il dit en reconnaissant que « le chemin devant nous ne sera pas facile ».

Les experts soulignent que le président Assad – dont les forces armées ont remporté des victoires majeures contre l’opposition sur le terrain – n’a pas grand-chose à perdre lors de ces pourparlers dont il pourra se désengager à tout moment.

Son négociateur en chef, Ahmad Kuzbari, a fait l’éloge de la Constitution actuelle de la Syrie qu’il a qualifiée de « moderne ». « Mais cela ne nous empêchera pas d’envisager de possibles amendements à la Constitution existante ou de procéder à des changements pour mettre en place une nouvelle Constitution (...) qui sera bénéfique à notre peuple », a-t-il ajouté. M. Kuzbari a toutefois souligné dans son discours que les forces armées syriennes continueront de lutter contre les ennemis du président Assad. « Nous avons combattu le terrorisme avant cette réunion et nous poursuivrons cette bataille pendant et après la rencontre jusqu’à ce que nous libérions chaque pouce de notre territoire. »

Le chef de la délégation de l’opposition, Hadi Albahra, a qualifié la réunion de « première étape sur le long chemin vers la guérison ». « Nous savons tous que les 150 personnes réunies aujourd’hui dans cette salle ont des opinions divergentes, a-t-il dit. Mais après huit années de souffrances, nous sommes venus ici pour chercher des points de convergence. »

Les 150 membres du Comité vont discuter aujourd’hui et demain au Palais des Nations, siège de l’ONU. Seuls 45 d’entre eux entameront l’examen de la Constitution la semaine prochaine. Aucune date limite n’a été fixée pour ces discussions. Selon M. Pedersen, l’objectif est de parvenir à un consensus sur toutes les questions soulevées, et tout changement devra être adopté par au moins 75 % des voix. La révision de la Constitution figure en bonne place dans la résolution 2254, adoptée en décembre 2015 par le Conseil de sécurité qui prévoit également l’organisation d’élections sous la supervision de l’ONU.

Source : AFP

Le régime syrien a appelé hier les forces kurdes à intégrer les rangs de l’armée déployée dans le nord-est de la Syrie, où une offensive turque a été interrompue par deux accords de trêve, ont annoncé les médias officiels à Damas. Cet appel intervient après le plus important déploiement depuis 2012 de troupes de Bachar el-Assad dans cette partie du pays dont elles s’étaient retirées après le début de la guerre en Syrie. Les forces kurdes ont, plus tôt en octobre, appelé le régime Assad à l’aide pour les aider à contrer l’offensive d’Ankara lancée le 9 octobre, après avoir été lâchées par les États-Unis qui ont donné un feu vert de facto à cet assaut. « Le commandement général des forces armées est prêt à accueillir les membres des unités des Forces démocratiques syriennes (FDS,...
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