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Algérie: l'armée écarte toute libération de manifestants détenus



AFP
30/10/2019

Le chef d'état-major de l'armée algérienne a écarté mercredi toute libération de manifestants détenus pour avoir porté des drapeaux berbères, invoquant "l'indépendance de la justice", au 4e jour d'une grève inédite des magistrats contre "la mainmise du pouvoir exécutif".

Des dizaines de manifestants ont été placés en détention préventive depuis juin pour avoir contrevenu à l'interdiction édictée par le général Ahmed Gaïd Salah de porter tout autre drapeau que l'emblème national dans les manifestations hebdomadaires contre le régime, dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Aucune disposition légale n'interdit le port d'un emblème amazigh (berbère), mais le parquet a inculpé ces manifestants d'"atteinte à l'intégrité du territoire national" et/ou de "profanation ou dégradation de l'emblème national", infractions passibles de dix ans de prison.

Dans un discours, le chef d'état-major de l'armée a qualifié de "propositions stériles et mort-nées" les appels à la libération de ces contestataires, lancés chaque semaine dans les manifestations.

"Ce sont des propositions rejetées, car le drapeau national est le symbole de la souveraineté nationale (...) et de la souveraineté de tout le peuple algérien qui n'acceptera jamais que l'on porte atteinte à l'emblème national", a déclaré le général Gaïd Salah, homme fort du pays depuis la démission en avril, sous la pression de la rue, du président Abdelaziz Bouteflika.

"C'est à la justice de se charger de ces affaires. Etant l'un des symboles (...) de l'état de droit, elle jouit à présent de toute l'indépendance requise et s'exerce sans pressions ni diktats", a-t-il poursuivi.

Tous les manifestants jugés --en province jusqu'ici-- pour de tels faits ont été acquittés.

A Alger, entre 18 mois et deux ans de prison ont été requis contre 11 manifestants jugés dans deux procès séparés, mais les verdicts ont été reportés, mardi et mercredi, en raison d'une grève des magistrats qui paralyse les tribunaux du pays.

Cette grève, inédite dans un corps réputé docile à l'égard du pouvoir, vise à l'annulation d'un vaste mouvement de mutations de quelque 3.000 magistrats --la moitié des effectifs, selon les syndicats--, décidé par le ministère de la Justice et vu comme une "mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire".

Une partie de la magistrature s'était jointe à la contestation aux premiers mois du mouvement de contestation, mais la justice avait été depuis reprise en main.

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