Peu après la démission du Premier ministre Saad Hariri, annoncée hier dans l’après-midi sous l’effet de la pression de la rue, le Hezbollah et le Courant patriotique libre ont adressé une double mise en garde contre les conséquences jugées fâcheuses de cette décision.
Interrogé par l’agence al-Markaziya, le ministre sortant de la Jeunesse et des Sports Mohammad Fneich a déclaré que sa formation, « en tant que parti politique, n’estime pas que la démission de Saad Hariri est à même de sortir le pays de la crise actuelle. Bien au contraire. Elle compliquera les choses davantage ». « Existe-t-il une alternative à ce gouvernement (démissionnaire) ? » s’est interrogé le ministre sortant, avant de se poser la question de savoir si « certains tenteraient de mener un coup d’État, dont on n’identifie toujours pas les auteurs ».
Citées également par al-Markaziya, des sources des milieux proches du CPL estiment que la démission de M. Hariri sans un plan concernant la prochaine phase est une façon pour le Premier ministre de ne pas assumer ses responsabilités.
Évoquant une éventuelle formation d’un cabinet de spécialistes, les milieux aounistes soulignent qu’un tel cabinet ne saurait prendre d’importantes décisions à caractère éminemment politique dont le pays a besoin à l’heure actuelle. Il serait possible de mettre sur pied une équipe où les portefeuilles dits de services seraient attribués à des spécialistes, et où les divers protagonistes conserveraient les ministères dits « essentiels », précise-t-on avant d’appeler à de larges concertations politiques dans la perspective de la prochaine phase.


"un tel cabinet (de spécialistes) ne saurait prendre d’importantes décisions à caractère éminemment politique dont le pays a besoin à l’heure actuelle" Les décisions à prendre d'urgence n'ont aucun caractère politique, et c'est justement parce que l'on veut leur en donner un que rien ne se fait.
07 h 15, le 31 octobre 2019