Le patriarche maronite Béchara Raï. Photo d'archives AFP / FAYEZ NURELDINE
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a lancé un appel vendredi, au neuvième jour d'une révolte populaire inédite contre le pouvoir, réclamant la formation d'un nouveau gouvernement, en solidarité avec les appels de la rue qui réclame la démission du cabinet du Premier ministre Saad Hariri.
"On ne peut plus continuer à ignorer le cri du peuple libanais, grands, jeunes et enfants, alors qu'il est en révolution, du Nord au Sud, d'Ouest en Est, et réclame - et nous le soutenons dans cette demande - la formation d'un nouveau gouvernement, digne de confiance, réduit et composé de personnalités dotées d'expertises et de réalisations, en dehors des partis et des blocs politiques, fin que l'on puisse appliquer la feuille de route adoptée par le gouvernement au palais de Baabda le 21 octobre", a dit le chef de l'Eglise maronite.
Le Premier ministre Saad Hariri avait fait avaliser par son cabinet une série de réformes économiques d'urgences censées apaiser la colère de la rue, mais les manifestants n'ont pas été convaincus par ce plan et poursuivent leur mouvement de protestation sur tout le territoire.
"La Constitution libanaise indique dans son préambule que le Liban est une république parlementaire démocratique. Personne, ni aucune formation, n'a le droit d'imposer sa volonté aux autres. Personne n'est plus grand que le Liban et son peuple", a insisté le patriarche dans son appel.
"La Constitution dit également que le peuple est la source des pouvoirs et sa souveraineté s'exerce à travers les institutions constitutionnelles. On ne peut donc pas ignorer les demandes du peuple (...)", a ajouté le prélat maronite. "On ne peut pas ignorer la faim, la soif, la chaleur et le froid dont souffrent les manifestants révoltés. Que les responsables de l'Etat sachent qu'ils sont responsables des millions de dollars de pertes dans le trésor public et de la paralysie générale qui se poursuit avec chaque jour de retard dans la formation d'un nouveau gouvernement (...)", a conclu le chef de l'Eglise maronite.


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