Des manifestants brandissant le drapeau libanais rassemblés au centre-ville de Beyrouth. Ibrahim Amro /AFP
Le Rassemblement des dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL) a publié hier sur sa page Facebook plusieurs propositions de mesures en vue d’améliorer la situation économique.
Le rassemblement estime que cette crise économique, qui empêche le secteur privé d’investir, paralysant ainsi la croissance, est due au double déficit budgétaire et de la balance des paiements, qui exerce une pression à la hausse sur les taux d’intérêt.
Pour y remédier, le RDCL propose tout d’abord de mettre en place les plans de réforme d’Électricité du Liban (EDL) ainsi que des partenariats publics-privés (PPP), voire la privatisation de certains services, notamment l’eau, le port, l’aéroport et les télécommunications. Ceci permettra de réduire le déficit public en diminuant les coûts de l’État relatifs aux salaires et aux transferts à ces secteurs, tout en améliorant le service fourni au citoyen. En les vendant, l’État récoltera des bénéfices pouvant s’élever jusqu’à 1,75 milliard de dollars. Ceci enverra un message fort aux investisseurs internationaux, prouvant alors l’adoption des réformes. Et diminuera les pressions sur le marché monétaire, faisant ainsi baisser le service de la dette d’un milliard grâce à la baisse des taux d’intérêt. Cette stratégie peut alors réduire le déficit public de cinq milliards, selon les estimations du RDCL.
Dans le même but, le Rassemblement souhaite également augmenter les recettes en combattant les fraudes fiscale et douanière à travers une amélioration du système judiciaire. Cette mesure augmentera les recettes de l’État de deux milliards de dollars, toujours selon le RDCL.
Quant au déficit de la balance des paiements, la mise en place des réformes et des PPP permettra de regagner la confiance des investisseurs, ce qui attirera les capitaux étrangers. De plus, l’organisation met l’accent sur le contrôle des frontières en faisant baisser la contrebande vers la Syrie. Le RDCL préconise aussi une révision des accords bilatéraux dans le but d’augmenter les exportations libanaises, tout en protégeant l’industrie et l’agriculture locales. Enfin, il propose que l’État achète lui-même les hydrocarbures à d’autres gouvernements de manière transparente, vu que cette dépense est l’une des principales causes du déficit.
Enfin, afin de rétablir la croissance, le RDCL réitère son conseil d’entamer des réformes et d’entreprendre les PPP afin de ramener la confiance, en plus de réduire la fiscalité de certains secteurs, notamment l’immobilier, et de faciliter les procédures administratives des secteurs productifs. Ces mesures pourraient permettre au Liban d’obtenir une croissance de plus de 5 %, selon le Rassemblement.
M.A.

