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Afghanistan : les victimes civiles au 3e trimestre atteignent un nouveau record, selon l'ONU

Un membre des forces de sécurité afghanes, lors d'une opération à Gouzara, en Afghanistan, le 13 octobre 2019. AFP / HOSHANG HASHIMI

L'Afghanistan continue de s'enfoncer dans une violence "totalement inacceptable" avec un nombre de victimes civiles "sans précédent" au troisième trimestre de l'année, selon un rapport de l'ONU publié jeudi.

Entre le 1er juillet et le 30 septembre, la Mission de l'ONU en Afghanistan (Manua) a recensé 1.174 civils tués et 3.139 blessés , d'après son rapport trimestriel.

"C'est le plus grand nombre de victimes civiles enregistré (...) au cours d'un seul trimestre" depuis 2009, quand l'organisation a commencé un décompte systématique des pertes civiles dues au conflit. Le mois de juillet, avec 425 morts recensés, a aussi été le pire depuis une décennie.

Pour les neufs premiers mois de l'année, la Manua a enregistré 2.563 civils tués, dont 261 femmes et 631 enfants (soit 34% des tués au total), ainsi que près de 5.700 blessés. Sur l'ensemble des victimes (tués et blessés), les femmes (923) et enfants (2.461) représentent 41%.

Au-delà de la comptabilité macabre du rapport, la cheffe des droits humains pour la Manua, Fiona Frazer, a rappelé que "derrière chaque chiffre vérifié se trouve une personne, un proche - une mère, un père, une fille, un fils".

L'Afghanistan n'a pas connu la paix depuis l'invasion soviétique de 1979. Le conflit en cours, entamé fin 2001 avec l'opération des Etats-Unis et de ses alliés de l'Otan pour chasser les talibans du pouvoir, reste ouvert. Il oppose aujourd'hui les forces afghanes et américaines aux talibans, à d'autres groupes rebelles et au groupe jihadiste Etat islamique.

La Manua a remarqué que les violences touchant les civils ont augmenté au troisième trimestre "alors même que les pourparlers entre les Etats-Unis et les talibans progressaient à Doha en juillet et en août".

Ces discussions visaient à obtenir un retrait des forces américaines du pays en échange entre autres d'une baisse des violences et du lancement d'un dialogue inter-afghan. Elles ont été suspendues début septembre par le président américain Donald Trump.


"Pas de solution militaire"

"Les victimes civiles sont totalement inacceptables, particulièrement en tenant compte du fait largement accepté qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit", a rappelé le représentant des Nations unies pour l'Afghanistan, Tadamichi Yamamoto.

Les violences touchent de façon démesurée les enfants, selon le rapport, qui souligne que le nombre de mineurs blessés, 1.830 de janvier à septembre, est en hausse de 20% par rapport à la même période de 2018.

En cause, "une augmentation significative des attaques-suicides et à l'explosif ainsi que les combats ouverts (...) lors de l'élection présidentielle" qui s'est tenue le 28 septembre.

L'année en cours a été marquée par une campagne électorale sanglante, que les talibans s'étaient jurés d'empêcher.

Malgré cela, le "degré de violences liées aux élections (...) est resté relativement bas dans les mois menant au jour du scrutin, comparé aux élections parlementaires de 2018", observe l'ONU. Mais deux attentats en juillet et septembre ont fait à eux seuls 51 morts.

Selon la Manua, la hausse du nombre des victimes au troisième trimestre "est due avant tout aux (...) éléments anti-gouvernementaux". Outre les talibans, il s'agit notamment de la branche afghane du groupe Etat Islamique. Ce dernier, d'obédience sunnite, a été responsable d'un attentat à motivation confessionnelle contre les chiites qui avait tué 91 participants à un mariage à Kaboul le 17 août.

Les insurgés ont causé un peu plus de pertes civiles (1.207 morts) sur les neuf premiers mois de l'année que les forces pro-gouvernementales (1.149 morts). Quelque 484 morts sont imputables aux forces de sécurité afghanes, contre 468 pour les forces militaires internationales, le reste étant le fait de groupes armés pro-gouvernementaux.

La mission onusienne a dénoncé dans son rapport le nombre croissant de victimes d'attaques aériennes. "La Manua enregistre une hausse continue des pertes civiles dans des opérations aériennes depuis 2014, avec les forces militaires internationales responsables d'une majorité des pertes civiles dans ce type d'incident depuis 2018", pointe le rapport.

Quelque 42% des tués et blessés l'ont été du fait d'attaques-suicide ou d'explosifs. Les pertes à cause de combats viennent ensuite (29%), suivies par les attaques aériennes (11%), qui sont le seul fait des forces gouvernementales et américaines.

Sur les neuf mois de 2019, ces frappes ont tué 579 civils et en ont blessé 306. Une attaque récente, le 22 septembre, contre une cellule supposément liée à el-Qaëda dans le Sud, a tué 15 civils dont cinq femmes et six enfants, selon la Manua.

L'Afghanistan continue de s'enfoncer dans une violence "totalement inacceptable" avec un nombre de victimes civiles "sans précédent" au troisième trimestre de l'année, selon un rapport de l'ONU publié jeudi.Entre le 1er juillet et le 30 septembre, la Mission de l'ONU en Afghanistan (Manua) a recensé 1.174 civils tués et 3.139 blessés , d'après son rapport trimestriel."C'est le plus grand nombre de victimes civiles enregistré (...) au cours d'un seul trimestre" depuis 2009, quand l'organisation a commencé un décompte systématique des pertes civiles dues au conflit. Le mois de juillet, avec 425 morts recensés, a aussi été le pire depuis une décennie.Pour les neufs premiers mois de l'année, la Manua a enregistré 2.563 civils tués, dont 261 femmes et 631 enfants (soit 34% des tués au total), ainsi que près de 5.700...