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Paris demande une réunion d'urgence de la coalition internationale anti-EI


Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors du sommet du G7 à Dinard, en France, le 6 avril 2019. Photo d'archives REUTERS/Stephane Mahe

La France a demandé jeudi une réunion d'urgence de la coalition internationale sous commandement américain engagée dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), au lendemain du lancement de l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie.

"Il faut que cette coalition internationale se réunisse parce qu'on est dans une situation nouvelle et parce que le combat contre Daech (acronyme arabe de l'EI, ndlr) risque de reprendre, parce que Daech n'attend que cette opportunité pour sortir", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la chaîne publique France 2.
Cette coalition antijihadiste, mise sur pied par Washington en 2014 pour combattre l'EI en Irak et en Syrie avec l'appui de forces locales, comprend plus de 60 pays, dont la France, la Grande-Bretagne l'Australie, le Canada mais aussi la Turquie.

L'offensive de la Turquie a provoqué un tollé international, plusieurs pays craignant une résurgence du groupe jihadiste.

"La France demande à ce que cette coalition (...) se réunisse aujourd'hui et dise +voilà quelle est la situation, comment est-ce qu'on fait, qu'est-ce que vous Turcs voulez faire, qu'est-ce que vous Américains voulez faire, comment est-ce qu'on assure la sécurité des lieux où il y a aujourd'hui des jihadistes et des combattants en prison+, bref mette tout sur la table de manière claire pour que chacun assume ses responsabilités", a relevé Jean-Yves Le Drian.

L'offensive turque vise les positions de la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), un groupe qu'Ankara considère comme terroriste pour ses liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), mais qui a combattu l'EI au sol en Syrie avec l'appui aérien des Occidentaux. Le président américain Donald Trump est aussi accusé d'avoir tacitement ouvert la voie à l'opération en retirant des soldats américains de la zone frontalière visée par les Turcs.

"Apparemment le président Trump ne s'est pas opposé à l'opération qui est menée aujourd'hui par les Turcs même si on constate qu'il y a des positions beaucoup plus raides qui sont affirmées" dans son camp à Washington, a relevé Jean-Yves Le Drian. "La Turquie sait aussi très bien que ressusciter Daech, contribuer à ressusciter Daech comme ils le font aujourd'hui, cela peut aussi avoir des conséquences sur le territoire turc parce qu'il y a eu des attentats de Daech sur le territoire turc, en particulier à Istanbul mais ailleurs aussi", a-t-il poursuivi. "Raison de plus pour dire tout cela autour d'une table et que la coalition internationale (..) qui a la responsabilité d'agir militairement sur la zone se réunisse et mette les choses au point", a-t-il insisté.

Le ministre français a par ailleurs commenté les propos du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a menacé jeudi d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés en réponse aux critiques européennes contre l'offensive turque. "Ce n'est pas la première fois (qu'il agite ce genre de menaces, ndlr). L'UE n'a jamais fonctionné au chantage et je pense que ce n'est pas une bonne méthode. Mais justement réunissons la coalition internationale pour aussi poser ces questions", a insisté le chef de la diplomatie française.

Jean-Yves Le Drian a par ailleurs réaffirmé la détermination de la France à faire juger ses jihadistes "là où ils ont commis leurs crimes" et donc son refus de les rapatrier de Syrie ou d'Irak. Il a par ailleurs relativisé les craintes d'évasion de ces combattants des camps kurdes où ils sont actuellement détenus en Syrie, à la faveur de l'offensive turque. "C'est une inquiétude qu'il faut prendre en considération mais nous n'en sommes pas là", a-t-il dit.


La France a demandé jeudi une réunion d'urgence de la coalition internationale sous commandement américain engagée dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), au lendemain du lancement de l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie.

"Il faut que cette coalition internationale se réunisse parce qu'on est dans une situation nouvelle et parce que le combat contre Daech...