Le président américain, Donald Trump, à la Maison Blanche, le 9 octobre 2019. Photo REUTERS/Jonathan Ernst
Donald Trump a annoncé jeudi qu'il rencontrerait vendredi à la Maison Blanche Liu He, le vice-Premier ministre chinois actuellement à Washington pour tenter de sortir de l'impasse de la guerre commerciale, mais le président américain a laissé planer le doute sur son "envie" de signer un accord.
"Grand jour pour les négociations avec la Chine. Ils veulent nouer un accord, mais est-ce que j'en ai envie ?", a lancé le président américain sur Twitter. "Je rencontre le vice-Premier ministre demain à la Maison Blanche", a-t-il ajouté peu de temps après la reprise des négociations dans les bureaux du représentant américain au commerce (USTR).
L'USTR Robert Lighthizer, Liu He, le négociateur en chef chinois proche du président chinois Xi Jinping ainsi que Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, ont fait une brève apparition jeudi matin sur le perron du bâtiment de l'USTR avant d'entrer en discussions, ont constaté des journalistes de l'AFP.
En dépit du large sourire affiché et des chaleureuses poignées de mains échangées, leurs sujets de contentieux sont nombreux: Washington exige de Pékin l'abolition de pratiques commerciales jugées "déloyales" telles que le transfert de technologie forcé ou les subventions aux entreprises chinoises.
Jusqu'à présent, le gouvernement chinois s'est montré inflexible sur ces points cruciaux, malgré l'imposition de tarifs douaniers qui affectent l'économie chinoise. Et il a toujours affirmé qu'il ne céderait pas à la menace.
Ces négociations se déroulent alors que mardi, des droits de douane doivent passer de 25% à 30% sur 250 milliards de marchandises en provenance du géant asiatique.
Jusqu'à présent, Pékin a consenti à quelques concessions avec l'achat de produits agricoles américains, nourrissant la rumeur d'un accord partiel, ce que le président Donald Trump a semblé rejeter lundi disant sa préférence pour "un grand accord".
La tâche des négociateurs semble d'autant plus ardue qu'outre l'imposition des droits de douane, les discussions sont polluées par les sanctions économiques américaines sur le géant chinois Huawei.
Depuis Pékin, Geng Shuang, le porte-parole du ministre chinois des affaires étrangères, a déploré une nouvelle fois "l'utilisation du pouvoir étatique par les Etats-Unis pour supprimer des sociétés chinoises telles que Huawei".
"Les pratiques américaines ne sont ni honorables ni éthiques. Elles constituent également un déni des principes de l'économie de marché que les Etats-Unis déplorent sans cesse", a-t-il de plus commenté.
Pékin exhorte Washington "à mettre fin aux sanctions injustifiées", "à traiter les entreprises chinoises de manière juste, impartiale (...) et à promouvoir le développement sain et stable de la coopération économique et commerciale sino-américaine, pas l'inverse".
Alors que les spéculations vont bon train sur un accord qui serait partiel, la Maison Blanche avait indiqué lundi que tous les sujets seraient sur la table des négociations: transfert forcé de technologie, droits de propriété intellectuelle, barrières non-tarifaires, agriculture et application des législations.
C'est cet accord large que Donald Trump souhaite toujours obtenir, après avoir déclenché, il y a un peu plus d'un an, une guerre commerciale qui fait sentir ses effets délétères sur l'ensemble de l'économie mondiale.
Le Fonds monétaire international (FMI) estime ainsi que l'affrontement à coups de tarifs douaniers entre la première et la seconde économie du monde va effacer 0,8% du PIB mondial d'ici 2020, soit l'équivalent de l'économie suisse.
Mercredi, le président américain a estimé qu'il y avait "vraiment une bonne chance d'un accord" tout en affirmant que la Chine était plus demandeuse d'un accord que Washington.
Mais ces derniers jours, l'atmosphère entre Washington et Pékin s'est très nettement détériorée, cette fois-ci en-dehors de la sphère commerciale.
Vendredi, le tweet d'un dirigeant d'un club de la ligue professionnelle de basket, la NBA, en faveur des manifestants pro-démocratie à Hong Kong, a en effet provoqué une réaction immédiate et brutale du pouvoir à Pékin.
L'annulation de retransmissions télévisées de matches, les critiques sévères du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères et les propos du patron de la NBA défendant la liberté d'expression ont remis de l'huile sur le feu.
La NBA est extrêmement populaire en Chine, qui représente un marché de plusieurs milliards de dollars pour la ligue.
Puis c'est Washington qui a, coup sur coup, mis des entreprises sur une liste noire des exportations et annoncé des restrictions de visas pour certains responsables chinois pour punir Pékin de son traitement de la minorité musulmane des Ouïghours.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine