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Prisonniers de l'EI en Syrie : les Européens doivent "reprendre" leurs ressortissants, affirme Ankara

AFP
09/10/2019

La Turquie, qui a annoncé mercredi le déclenchement d'une opération militaire dans le nord de la Syrie, a appelé les pays européens à "reprendre" leurs ressortissants ayant intégré les rangs du groupe Etat islamique (EI) et aujourd'hui détenus par les forces kurdes.

"L'origine du problème (...) c'est que leurs pays d'origine ne veulent pas les reprendre", a déclaré le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, dans un entretien avec la BBC. "Les pays comme l'Allemagne, la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, la Belgique ne veulent pas les reprendre, mais il s'agit de leurs ressortissants. Ils doivent les reprendre, les juger et laisser la justice suivre son cours", a poursuivi M. Kalin.

Le président Erdogan a annoncé mercredi le début d'une nouvelle opération militaire en Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) qu'elle considère comme un groupe "terroriste" mais qui est soutenue par les Occidentaux.

Plusieurs pays, dont la France, redoutent qu'un regain de violences dans le nord-est de la Syrie ne permette un sursaut de l'EI et s'inquiètent du sort des milliers de jihadistes étrangers détenus dans des camps contrôlés par les YPG.

Sous la pression d'opinions publiques hostiles et redoutant des passages à l'acte sur leur sol, nombre de pays d'origine des combattants étrangers de l'EI aujourd'hui détenus par cette milice refusent de les rapatrier.

Dans un communiqué diffusé dimanche soir après un entretien téléphonique entre M. Erdogan et Donald Trump, la Maison Blanche déclarait que la Turquie allait désormais être "responsable pour tous les combattants de l'EI dans la zone, capturés dans ces deux dernières années".

Le gouvernement turc s'efforce depuis plusieurs jours de rassurer sur ce point, affirmant qu'il ne laissera pas le groupe Etat islamique "revenir sous quelque forme que ce soit".

"Nous ferons en sorte que (les prisonniers de l'EI) ne se retrouvent pas dans la nature, qu'ils ne soient pas libérés et qu'ils ne représentent pas une menace", a déclaré M. Kalin sur la BBC. Il a ajouté que la Turquie travaillait à un "plan" avec ses "alliés et des forces locales (syriennes)", mais n'a pas donné de précisions.

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