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Attentat à la préfecture de police de Paris : un rassemblement polémique interdit



Le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner, à l'Assemblée nationale, à Paris, le 8 octobre 2019. Photo AFP / Alain JOCARD

Un rassemblement polémique, prévu jeudi en banlieue parisienne, pour "rétablir la vérité" sur l'auteur de la tuerie de la préfecture de police de Paris, va être interdit, a annoncé mercredi le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner, qui dénonce une "infamie".

"La manifestation prévue à Gonesse en soutien à l'assassin de la préfecture de police est une infamie et une insulte à la mémoire de nos policiers", a indiqué le ministre sur Twitter, ajoutant qu'il avait demandé son interdiction.

M. Castaner a également annoncé son intention d'alerter la justice à la suite de propos tenus par l'organisateur de l'événement.

Dans un message posté sur Facebook, Hadama Traoré, un activiste politique, assure que l'agent qui le 3 octobre a poignardé quatre fonctionnaires à la préfecture de police, Mickaël Harpon, "n'est pas un extrémiste religieux" et appelle à un rassemblement jeudi devant la mairie de Gonesse, la ville où vivait l'assaillant.

"Les faits donnés pour justifier son côté extrémiste auraient pu concerner les 10 millions de Français de confession musulmane", selon lui.

En fin de matinée mercredi, il a posté un autre message sur sa page Facebook. Il y explique notamment vouloir "rétablir la vérité" sur Mickaël Harpon, assurant que ce dernier souffrait au travail du fait de son handicap --des troubles auditifs importants--.

Harpon, converti à l'islam, fréquentant des membres de la mouvance salafiste, s'était notamment réjoui après l'attentat en janvier 2015 contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo (12 morts). Il refusait de serrer la main des femmes.

Le ministre français de l'intérieur a dit son intention d'alerter la justice sur "les propos odieux" de l'organisateur du rassemblement.

L'interdiction est prise "sur le fondement du risque de trouble à l'ordre public", a déclaré la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

"Une demande de manifestation classique a bien été déposée par Hadama Traoré, l'analyse est en cours, nous allons rapidement donner une réponse", a déclaré la préfecture du département du Val d'Oise à l'AFP.

Droite et extrême droite, mais aussi certains à gauche, ont manifesté leur farouche opposition à ce rassemblement.

"Bien sûr il faut l'interdire, il n'y a même pas de question à se poser", a réagi Frédéric Péchenard, du parti Les républicains (opposition de droite), vice-président de la région Ile-de-France et ancien directeur général de la police nationale, sur LCI.

"Comment croire qu'Emmanuel Macron pourrait lutter contre +l'hydre islamiste+ alors qu'il n'arrive même pas à faire interdire une manifestation de soutien à l'assassin de quatre policiers organisée par un ver de terre?", a demandé Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (extrême droite), sur Twitter.

Yannick Jadot, patron d'EELV (écologistes), a considéré sur Sud Radio que "cette forme de légitimation d'un attentat absolument abominable est scandaleuse".

Le Parti radical de gauche a de son côté demandé "l'interdiction pure et simple de la manifestation +de la honte et de l'immonde+".


Un rassemblement polémique, prévu jeudi en banlieue parisienne, pour "rétablir la vérité" sur l'auteur de la tuerie de la préfecture de police de Paris, va être interdit, a annoncé mercredi le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner, qui dénonce une "infamie".

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