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Culture

La fille de la nuit est avant tout solaire

Musique

Huit chansons composent le premier album éponyme de la chanteuse Frida, une belle découverte du musicien et producteur Ghazi Abdel Baki, sur son label Forward Music.

Danny MALLAT | OLJ
09/10/2019

Par un soir d’automne, dans les jardins de L’Appartement, sous des regards et des sourires bienveillants, Frida Chehlaoui, alias Frida, présentait, pieds nus, son premier album éponyme, composé de sept titres en arabe courant et un titre en français, La valse des bisous.

Respirant le bonheur de (re)vivre, elle arborait son amour des autres en médaillon et une robe blanche parsemée de milliers de petits yeux de Fatma, comme autant d’amulettes contre le mauvais œil. « Sauf que désormais, rien ne peut m’atteindre, dit la jeune femme qui revient de loin. Lorsque je chante, je suis dans la plénitude. »

Enserrée, corsetée depuis l’adolescence par un parcours jalonné de difficultés, poussée par la nécessité de grandir, par un besoin vital de croissance, tout son être lui chuchote qu’il est temps de naviguer en haute mer vers un changement. De l’écriture à la composition, Frida Chehlaoui va sonder la vérité sur qui elle est intrinsèquement et ce qu’elle est en train de devenir, et s’inventer une manière de vivre qui soit véritablement la sienne, celle dans laquelle elle se reconnaît pleinement, la chanson.

C’est ainsi que Frida Chehlaoui est devenue Frida.

Le courage d’exister

Parce que la vie est instable, il nous faut répondre à l’impermanence en prenant le risque de choisir, et de s’engager, ce que le philosophe Søren Kierkegaard appelle « le courage d’exister ». C’est ce défi existentiel par excellence que Frida va relever, elle qui a toujours œuvré pour explorer le processus créatif et le pouvoir de la créativité sur et avec les autres.

De l’univers des enfants à celui des grandes compagnies pour des conseils en stratégie, son terrain expérimental n’avait pas de limite. En se battant sans arrêt pour l’optimisation des ressources humaines et en développant des stratégies d’organisation. Le projet expérimental – The Good Vibes Experiment – de réunir huit personnes choisies dans le cercle de ses amis voit le jour en 2014. L’intuition est son seul point de départ. Il consiste à explorer le terrain du processus créatif de chacun. La question ultime reste : « Et si chacun faisait ce qu’il a toujours rêvé de faire sans aucune restriction? » Après trois mois de travail intensif, Frida est prise de panique : « La veille de la première séance, je réalise que mon projet était trop analytique et allait à l’encontre de mes idées, c’est alors que je poste une phrase sur Facebook : “I don’t know what I am doing but the universe likes it” (Je ne sais pas ce que je fais, mais l’univers l’aime bien). Je reçois tellement d’encouragements que l’idée me vient de composer une chanson. Voilà comment va naître Chou fi taht el-soua’l. La clé était là, je me lance dans l’écriture et la composition, moi qui ne connaissais que deux accords et qui n’avais jamais joué d’un instrument à part un peu de guitare à l’âge de 14 ans. Je partage ma chanson sur les réseaux sociaux, et la magie opère. »

La valse de l’amour

Pour Frida, c’est la rencontre avec Ghazi Abdel Baki qui sera déterminante. « Ghazi est le déclic de l’album », avoue-t-elle. Musicien, compositeur et producteur, il a fondé en 2001 Forward Music et a depuis produit plus de 40 albums et plus de 300 concerts pour plusieurs artistes du Moyen-Orient. Il croit en elle et décide de la soutenir jusqu’au bout. Plutôt que de créer un style musical uniforme, ils prennent le parti de servir chaque chanson dépendamment de l’émotion qui l’anime.

Il n’y a pas un genre unique mais un fil connecteur et conducteur, celui de l’observation de la vie quotidienne. Avec une voix tantôt grave tantôt suave, Frida saisit les émotions à la volée, jongle avec les trois langues (l’arabe, le français et l’anglais) et sa musique jaillit parfois tendre, parfois espiègle. Elle se plaît à mélanger l’humour et les paradoxes de notre société, avec de temps en temps quelques pointes de provocation. Elle incendie les râleurs et glorifie l’énergie de la femme. Mais ce que Frida aime par-dessus tout, c’est aimer ! Aimer la vie, aimer son public, et véhiculer le pouvoir tangible de l’amour.


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