Le jihadiste Peter Cherif. AFP / Houssein Hersi
Le vétéran du jihad Peter Cherif, aux mains de la justice française depuis décembre, a été inculpé dans un volet disjoint de l'enquête sur les attentats de janvier 2015 à Paris qui ont fait 17 morts, a indiqué vendredi une source judiciaire.
Il a été mis en examen (inculpé) en juillet pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", selon cette source qui confirmait une information du Monde.
En janvier, les juges antiterroristes chargés de l'enquête sur les attaques jihadistes de janvier 2015 (notamment contre la rédaction de Charlie Hebdo et un supermarché casher) ont renvoyé aux assises 14 suspects soupçonnés à des degrés divers de soutien logistique aux assaillants, les frères Kouachi et Amédy Coulibaly, morts dans des assauts policiers après les attaques.
Parallèlement, les magistrats ont ordonné une disjonction pour poursuivre les investigations sur les soutiens, notamment au Yémen, des frères Kouachi.
C'est dans ce cadre que Peter Cherif, un cadre d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) arrêté le 16 décembre à Djibouti et expulsé vers la France, a été mis en examen en juillet.
Selon une source proche du dossier, le jihadiste est soupçonné d'avoir facilité l'intégration d'un des frères Kouachi au sein d'Aqpa au Yémen. Cette organisation avait revendiqué l'attaque visant Charlie Hebdo.
Dans une note déclassifiée d'avril 2012, les services de renseignement présentaient Cherif Kouachi, le cadet de la fratrie, passé brièvement par le Yémen en 2011, comme "l'un des contacts en France" de Peter Cherif. Ce dernier était soupçonné "d'organiser, depuis le Yémen, une filière d'acheminement de jihadistes susceptible d'impliquer" Cherif Kouachi.
Peter Cherif et les frères Kouachi s'étaient connus au sein de la filière dite des Buttes-Chaumont (un quartier de Paris), menée par Farid Benyettou, célèbre recruteur pour le jihad en Irak dans les rangs de la branche locale d'Al-Qaïda, à partir de 2004.
Les juges avaient déjà mis en examen Peter Cherif, à son arrivée en France en décembre, pour "association de malfaiteurs terroriste en récidive" dans le cadre d'une information judiciaire sur son séjour et ses activités au Yémen.
Quelques mois plus tard, ils avaient aggravé ces poursuites, sous les qualifications d'"enlèvement et séquestration en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste", le soupçonnant d'avoir participé à l'enlèvement de trois humanitaires français, libérés en novembre 2011 après des mois de captivité.
Celui qui est aussi connu sous le nom de guerre d'"Abou Hamza" avait été inscrit en septembre 2015 par les États-Unis sur leur liste noire des "combattants terroristes étrangers".


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