Le centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de la torture a publié officiellement mercredi une "liste noire" reprenant les noms des personnes ayant collaboré avec Israël lors de l'occupation du Liban-Sud, appelant à ce que toutes ces personnes soient "jugées comme des criminels de guerre".
Lors d'une conférence de presse, le secrétaire général du centre, Mohammad Safa, a appelé à ce que cette liste, qui contient des dizaines de noms, soit affichée dans les palais de justice, à l'Aéroport international de Beyrouth, aux entrées des différentes villes et villages et dans toutes les ambassades libanaises à l'étranger. Il a souligné que cette liste "ne peut pas être considérée comme exhaustive", indiquant qu'elle devait être considérée comme "un complément d'autres listes" existantes.
M. Safa a par ailleurs reproché aux derniers gouvernements libanais de "ne pas avoir donné l'importance requise" au dossier des "collaborateurs", accusant la justice libanaise "d'avoir ouvert la voie à un retour de Amer Elias Fakhoury et d'autres que lui au Liban". Il a appelé les responsables à "respecter la Convention internationale contre la torture", qui prévoit notamment que les crimes de torture sont imprescriptibles. Le Centre Khiam a également invité les forces de l'ordre à "ne pas seulement enquêter sur l'affaire Fakhoury mais à effectuer un suivi de toutes les condamnations de collaborateurs, afin qu'ils soient qualifiés de criminels de guerre".
Mohammad Safa a encore réclamé que les "collaborateurs" se trouvant à l'étranger ne soient pas autorisés à recevoir une autre nationalité, ni qu'ils puissent bénéficier de l'asile politique, demandant à ce qu'ils soient extradés vers le Liban.
En 1996, M. Fakhoury, qui aurait commis selon des sources judiciaires les pires actes de torture lorsqu'il était en charge de Khiam, avait été condamné par contumace à 15 ans de prison pour collaboration avec Israël. Se croyant couvert par la prescription, il a voulu rentrer au pays, ne s’attendant pas à ce que les autorités l’appréhendent pour d’autres crimes, notamment l’obtention présumée de la nationalité israélienne. Le 17 septembre, la juge d'instruction militaire, Najat Abou Chacra avait lancé un mandat d’arrêt à son encontre. Depuis, plusieurs anciens détenus ont témoigné devant la justice et l'avocat des familles des anciens détenus, Maan Assaad, avait demandé la semaine dernière au tribunal militaire d'annuler la prescription de la condamnation de M. Fakhoury.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine