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Incendie industriel en France: questions et inquiétudes persistantes sur l'impact des produits brûlés

Photo REUTERS/Pascal Rossignol

Une semaine après l'incendie qui a détruit plus 5.000 tonnes de produits chimiques dans une usine du nord-ouest de la France, les produits partis en fumée sont désormais connus, mais les inquiétudes et les questions sur leur impact demeurent.

La ministre française de la Santé Agnès Buzyn l'a reconnu mercredi : "En réalité, aujourd'hui, personne ne sait exactement ce que donnent ces produits mélangés lorsqu'ils brûlent".

Le gouvernement va donc se tourner vers l'agence chargée de l'évaluation des risques industriels, l'Ineris, pour avoir la réponse à cette question, a-t-elle précisé. Toutefois, selon la ministre, "cette pollution qui est réelle, pour l'instant (...) n'entraîne pas de risques pour la santé, avec ce que nous connaissons aujourd'hui". Le pôle santé publique du parquet de Paris est désormais en charge du dossier.

Pour sa part, la population de la ville de Rouen, où est implantée l'usine Lubrizol qui a brûlé le 26 septembre, a manifesté son inquiétude mardi soir dans la rue. Au nom de la "transparence", la préfecture de Normandie a publié la liste des produits ayant brûlé, pointant que "tous les produits ne sont pas dangereux" et a mis en ligne 479 fiches sur "les caractéristiques des produits et les risques associés" en cas de combustion.

À près de 63%, soit 3.308 tonnes, ces produits étaient des "additifs multiusages", eux-mêmes composés à 44% d'huile minérale obtenue par raffinage de pétrole, indique un tableau communiqué par les autorités.

Selon Jean-François Narbonne, professeur honoraire de toxicologie à l'université de Bordeaux (sud-ouest), sur cette liste, "il y a des produits qui en eux-mêmes ne sont pas extrêmement dangereux". "La grande question, ce sont les produits issus de la combustion, de type dioxines. Cela peut donner des mélanges, des cocktails. Quand ça brûle, ça fait des choses qu'il faut identifier, ça peut produire des interactions", a-t-il expliqué à l'AFP.

Fabrizio Pariselli, toxicologue à l'unité de prévention du risque chimique du Centre national de la recherche scientifique, a expliqué de son côté que "pour savoir s'il y a vraiment un risque sanitaire, il faut avoir des données quantifiables d'exposition". "On a des produits dangereux, on a des produits de combustion dangereux, après pour savoir s'il y a un risque sanitaire, il faut des données d'exposition et là, pour l'instant, on est en manque. Mais ça va arriver car des prélèvements ont été faits", a-t-il dit à l'AFP.

"On ne sait pas grand chose"

A Rouen persistait mercredi une forte odeur d'hydrocarbures par endroits, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Lucas Perrin, un lycéen rencontré mercredi, a raconté que les élèves "défilaient à l'infirmerie" et que l'odeur était "pire à l'intérieur de l'établissement". "C'est forcément nocif", selon lui. De son côté, Véronique Chassagne, 59 ans, a observé qu'"en vérité, on ne sait pas grand-chose", refusant de "tomber dans la psychose". "On ne va pas quitter Rouen, qui est une des villes les plus polluées de France et dont l'industrie fait partie de l'histoire de la ville", a-t-elle dit à l'AFP.

Il reste à évacuer de l'usine 160 fûts endommagés, qui "participent aux émanations d'odeurs", a indiqué mardi le préfet, qui doit faire un nouveau point mercredi. Plus de 100 maires et élus normands ont demandé mercredi au gouvernement la reconnaissance rapide de "l'état de catastrophe technologique" et la mise en place d'un registre de suivi médical.

Les parlementaires ont de leur côté décidé de créer une mission d'information. Ils doivent auditionner la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne mercredi soir.

Par ailleurs, le gouvernement "va demander dans les heures qui viennent à l'ensemble des dirigeants des sites Seveso d'effectuer des contrôles de sécurité, de manière à nous assurer que l'ensemble des installations sont bien en sécurité", a annoncé mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Une semaine après l'incendie qui a détruit plus 5.000 tonnes de produits chimiques dans une usine du nord-ouest de la France, les produits partis en fumée sont désormais connus, mais les inquiétudes et les questions sur leur impact demeurent. La ministre française de la Santé Agnès Buzyn l'a reconnu mercredi : "En réalité, aujourd'hui, personne ne sait exactement ce que donnent ces produits mélangés lorsqu'ils brûlent". Le gouvernement va donc se tourner vers l'agence chargée de l'évaluation des risques industriels, l'Ineris, pour avoir la réponse à cette question, a-t-elle précisé. Toutefois, selon la ministre, "cette pollution qui est réelle, pour l'instant (...) n'entraîne pas de risques pour la santé, avec ce que nous connaissons aujourd'hui". Le pôle santé publique du parquet de Paris est...