Les évêques maronites lors de leur réunion mensuelle à Bkerké, sous la présidence du patriarche Béchara Raï, le 2 octobre 2019. Photo Ani
Les évêques maronites ont appelé mercredi les responsables politiques à mettre un terme au gaspillage financier, à la contrebande transfrontalière et à la corruption, une condition, selon eux, à la mise en œuvre des réformes réclamées par la communauté internationale pour soutenir financièrement le Liban.
Les évêques "suivent les développements au niveau local et international concernant la mise en œuvre des décisions de la CEDRE", la conférence d'avril 2018 réunissant les pays soutenant le Liban, au cours de laquelle 11 milliards de dollars d'aides financières ont été promises en échange de la mise en œuvre de réformes infrastructurelles. "Les réformes ne peuvent pas voir le jour tant que tout le monde n’œuvre pas à mettre un terme au gaspillage et à la contrebande et à lutter sérieusement contre la corruption", ont-ils souligné, dans un communiqué publié à l'issue de leur réunion mensuelle à Bkerké.
Les dignitaires maronites ont par ailleurs exprimé leur "soulagement" concernant la circulaire émise la veille par la Banque centrale libanaise (BDL) et prévoyant un mécanisme de régulation du financement des importations de blé, de médicaments et de carburant – essence, mazout et gaz. "Nous espérons que cette mesure apaisera les craintes des Libanais et permettra au gouvernement de trouver une solution à la crise économique et financière", ont-ils ajouté.
La circulaire (n° 530 datée, publiée lundi et qui concerne les lettres de crédit) propose une solution aux professionnels des filières concernées qui sont obligés de régler leurs marchandises en dollar mais qui encaissent une partie plus ou moins importante de leurs recettes en livre libanaise.
La publication de cette circulaire intervient dans un contexte tendu lié à la dégradation de la situation économique du pays, combinée à un resserrement de la circulation de dollars sur le marché local, où le billet vert cohabite avec la livre libanaise. Le taux de change entre les deux monnaies est fixé par la BDL depuis 1997 à 1.507,5 livres pour un dollar. Si officiellement la BDL et le secteur bancaire rejettent le scénario d’une "crise du dollar", les retraits de billets verts à travers les distributeurs automatiques et les guichets ont été fortement limités ces derniers jours, tandis que le prix demandé par les changeurs, et depuis peu même par certains commerçants, a récemment dépassé le seuil des 1.600 livres. Cette situation a provoqué la grogne de certains professionnels, comme les distributeurs de carburant ou les minotiers, qui payent leurs marchandises en dollar mais encaissent tout ou partie de leurs recettes en livres.


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