Sacrée reine du 100 m à 32 ans, et avec désormais un palmarès long comme le bras, l’athlète jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce a de quoi justifier son surnom de « Bolt au féminin ». Jewel Samad/AFP
Impressionnante d’aisance, l’athlète jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce a effectué un retour fracassant au sommet du sprint en survolant le 100 m des Mondiaux de Doha, au Qatar, deux ans après avoir donné naissance à son fils Zion. L’athlète de poche (1,60 m), toute en muscles et en puissance, a relancé avec éclat une carrière mise en sommeil pour cause de maternité. Pour son premier grand championnat depuis les Jeux olympiques de 2016 à Rio, Fraser-Pryce n’a pas fait dans la demi-mesure avec un chrono époustouflant (10 sec 71/100es, meilleure performance mondiale 2019 à 1/100e de son record personnel), s’offrant un 4e titre mondial sur la ligne droite, son 8e au total, auxquels il faut bien sûr ajouter ses deux couronnes aux JO 2008 et 2012. Auteure d’un départ supersonique, la Jamaïcaine n’a jamais été inquiétée et la Britannique Dina Asher-Smith (2e) a été largement distancée, malgré un record de Grande-Bretagne battu en 10 sec 83/100es. L’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou a complété le podium (10 sec 90/100es). Voilà désormais Fraser-Pryce nantie d’un palmarès long comme le bras à 32 ans, de quoi justifier son surnom de « Bolt au féminin ».
Si le public a une nouvelle fois fait défaut, terrible rengaine de ces Mondiaux, la soirée a été parfaite avec également deux très beaux concours.
Au triple saut, le duel tant attendu entre les deux Américains Christian Taylor et Will Claye a tenu toutes ses promesses. Poussé dans ses retranchements par son vieux complice et rival, et au bord de l’élimination après deux essais mordus, Taylor (17,92 m) a tout de même fini par avoir le dernier mot, comme d’habitude, ajoutant un 4e titre mondial à sa collection. Le suspense a également été entier à la perche dames remportée par Anzhelika Sidorova. La Russe, qui concourt sous bannière neutre en raison de la suspension de son pays depuis 2015 après la révélation d’un vaste scandale de dopage institutionnel, a été au coude à coude avec l’Américaine Sandi Morris, mais a raflé la mise en franchissant 4,95 m à son dernier essai, soit le meilleur saut de l’année. Cruel dénouement pour Morris, qui échoue de nouveau à la 2e place d’une grande compétition en plein air après avoir été longtemps dans l’ombre de la championne olympique grecque Ekaterini Stefanidi, cette dernière se classant seulement 3e (4,85 m).
Une autre Américaine a, elle, brillé en revanche. Allyson Felix, l’athlète la plus titrée et médaillée de l’histoire des Mondiaux, a raflé sa 12e médaille d’or et sa 17e au total en remportant le relais 4 x 400 m mixte, nouvelle épreuve au programme de la compétition qui fera également son entrée aux JO de Tokyo l’an prochain. Felix (33 ans), de retour après avoir donné naissance à une fille, l’a emporté en compagnie de Wilbert London, Courtney Okolo et Michael Cherry (3 min 9 sec 34/100es), devançant la Jamaïque (3 min 11 sec 78/100es) et Bahreïn (3 min 11 sec 82/100es). Enfin, très tard dans la nuit, la Chine a signé un triplé sur le 20 km marche féminin, Liu Hong remportant un 3e titre mondial. La tenante du record mondial (1 h 24 min 38 sec en 2015) a remporté la course, qui s’est déroulée dans des conditions météo éprouvantes (environ
31 °C et 71 % d’humidité), en 1 h 32 min 53 sec devant ses compatriotes Qieyang Shenjie (à 17 sec) et Yang Liujing (à 24 sec). Liu Hong complète ainsi à 32 ans son incroyable palmarès (titre olympique en 2016, titres mondiaux en 2011 et 2015), alors qu’elle a observé une pause entre 2017 et 2018 pour devenir maman.
Source : AFP

