Le ministre libanais des Affaires étrangère, Gebran Bassil à Windsor, au Canada, le 26 septembre 2019. Photo Ani
Le ministre libanais des Affaires étrangères Gebran Bassil a accusé implicitement certains de ses "partenaires" politiques locaux de "conspirer" pour porter atteinte au Liban et à son économie, dans un contexte de craintes d'une éventuelle pénurie de dollars, estimant que certains veulent "démanteler le pays de l'intérieur".
Prenant la parole devant une délégation de la diaspora libanaise à Windsor, au Canada, M. Bassil a affirmé que le Liban "a vaincu Israël et le terrorisme et vaincra toutes les dissensions survenant sur son territoire". "Nous devons maintenant faire face à un nouveau type de tensions : les tensions économiques", a-t-il ajouté. "Il est vrai que l’État a une part de responsabilité" dans ces troubles, "mais nous devons également faire face à des pressions extérieures sur notre économie et notre monnaie", a ajouté le chef de la diplomatie. Et d'ajouter : "Il y a aussi des partenaires internes qui conspirent contre le pays et son économie". Il a notamment accusé ces parties, qu'il n'a pas nommées, de "fabriquer des images erronées de la situation pour monter les citoyens contre l’État, au lieu de se montrer solidaires pour que nous puissions traverser ensemble cette période compliquée. "Tout cela est dû à des tentatives de nous démanteler de l'intérieur", a-t-il insisté.
"Oui, nous traversons une période difficile, mais nous vaincrons les complots et les dissensions qui veulent porte atteinte à notre économique et notre livre", a poursuivi Gebran Bassil, accusant certaines parties de "suivre des agendas étrangers".
Les inquiétudes des Libanais concernant l'économie se sont intensifiées depuis plusieurs jours, de nombreux clients de banques ne pouvant plus retirer d'argent en dollars de leurs comptes. Plusieurs sources bancaires ont dans ce cadre indiqué à L’Orient-Le Jour que la majorité des établissements avaient limité depuis plusieurs semaines les plafonds et conditions de retrait de billets verts. Ces sources ont évoqué une volonté, imposée par la Banque du Liban dans un contexte de situation financière fragile, de limiter autant que possible la circulation de devises lorsqu’elle semble inutile ou suspecte. Le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé a cependant assuré lundi qu’il n’y avait pas de pénurie de dollars et que les banques pouvaient répondre aux besoins de leurs clients.


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