La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 26 septembre 2019 lors de l'inauguration d'un monument éphémère au "Civil inconnu" à Paris à l'initiative de l'organisation Handicap International. AFP / STRINGER
Un monument éphémère au "Civil inconnu" a été inauguré jeudi à Paris à l'initiative de l'organisation Handicap International, en hommage aux civils victimes de bombardements dans les pays en guerre.
"Aujourd'hui, 90% des victimes des guerres sont des civils (...) On ne peut plus les considérer comme des dommages collatéraux", a rappelé le directeur de l'association en France, Xavier du Crest de Villeneuve, en ouverture de la cérémonie place de la République, au coeur de la capitale française.
Sur le monument, constitué d'une dalle grise placée face à l'emblématique statue de Marianne au centre de la place de la République, un texte en lettres blanches rappelle que les armes explosives utilisées en zones peuplées font "une victime toutes les 24 minutes".
La maire de Paris, Anne Hidalgo, y a déposé jeudi une gerbe de fleurs, s'engageant à chercher un lieu permanent pour "porter cette conscience humaine, celle de toutes ces victimes qui n'ont rien demandé à personne".
"On ne peut pas vivre dans une république comme la nôtre, sans considérer que nous ayons une responsabilité et un devoir vis-à-vis de ceux qui souffrent", a-t-elle déclaré.
Début octobre, 12 Etats participeront à la conférence de Vienne en Autriche, pour définir des objectifs politiques contre les bombardements en zone peuplée. L'association a appelé le gouvernement à donner "un soutien clair et entier à cette déclaration politique."
"La France ne peut pas être absente de ce mouvement diplomatique, or elle l'est aujourd'hui", a dénoncé le sénateur socialiste André Villani, présent à l'inauguration.
Handicap International est notamment présent au Yémen, où la guerre a fait des dizaines de milliers de morts dont une majorité de civils depuis 2014.
"Depuis cinq ans de conflit, Sanaa vit dans le chaos", a témoigné Suad Al Qadri, en charge des équipes de soutien psychosocial d'Amnesty International dans la capitale yéménite, évoquant des hôpitaux surpeuplés, des coupures d'électricité et le manque d'eau.
Selon l'association, 18.000 raids aériens ont frappé la population yéménite depuis 2015.
Troisième pays exportateur d'armes dans le monde après les États-Unis et la Russie, la France est régulièrement mise en cause, notamment par des ONG et des parlementaires, pour ses ventes d'armement à l'Arabie Saoudite et aux Émirats, engagés dans le conflit au Yémen.


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