L'Etat français doit rapatrier les enfants français retenus dans des camps en Syrie, où "plusieurs" sont décédés et où environ 300 survivent dans une "situation humanitaire désastreuse", plaide la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH).
La Commission "réaffirme la nécessité d'un rapatriement aussi rapide que possible des mineurs présents dans les camps" en Syrie, dans un avis - non contraignant - rendu mardi.
Des dizaines de milliers de personnes ont afflué dans ces camps du nord-est syrien après la chute du "califat" établi par l'organisation Etat islamique sur un vaste territoire couvrant une partie de la Syrie et de l'Irak voisin. Parmi ces personnes, "on estime qu'il y a trois cents enfants français, majoritairement âgés de moins de cinq ans. Certains sont orphelins ou isolés, d'autres accompagnés d'un parent", écrit la commission, appelant à les rapatrier "dans les plus brefs délais", ainsi que "le parent présent à leur côté".
La France se refuse depuis des mois à un rapatriement général de ses citoyens retenus en Syrie, prônant pour les enfants un retour "au cas par cas" - et uniquement pour les orphelins ou ceux dont les parents accepteraient le départ.
Mais le rapatriement de ces enfants, écrit la CNCDH, est "une exigence d'ordre humanitaire". "Les conditions de vie (dans les camps) sont particulièrement dégradées, en raison d'un manque d'eau et de nourriture, de l'insuffisance des structures sanitaires, au point d'avoir déjà provoqué le décès de plusieurs enfants", fustige la commission.
Début septembre, un enfant français de 12 ans, blessé et souffrant de malnutrition sévère, est décédé, selon des sources sur place.
Une dizaine de familles de femmes et d'enfants de jihadistes français, retenus dans ces camps, ont d'ailleurs porté plainte contre le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, pour "omission de porter secours", en refusant de les rapatrier.
Le ministre s'est défendu, expliquant que la France, qui a rapatrié 17 mineurs isolés ces derniers mois, pouvait "en rapatrier d'autres, des orphelins, des mineurs isolés, les plus démunis". "Mais sur le fond, je suis intraitable sur un point: les combattants et combattantes doivent être jugés (..) là où ils ont commis leurs crimes", a-t-il ajouté.
Or, souligne la CNCDH, "seul l'intérêt" des enfants, "déjà éprouvés par la guerre, exposés à des conditions de vie inhumaines", doit prévaloir. D'autant, estime la commission, que, "comme tous les ressortissants français détenus dans ces camps, les parents font l'objet de mandat d'arrêt et seront déférés, à leur arrivée sur le territoire français, devant des magistrats".


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