Des rebelles houthis brandissant des drapeaux yéménites lors d'un rassemblement à Sanaa, le 21 septembre 2019. Photo AFP / MOHAMMED HUWAIS
Un haut responsable des rebelles houthis au Yémen a affirmé mercredi que la proposition de trêve adressée la semaine dernière à l'Arabie saoudite tenait toujours, en dépit de la poursuite des raids de la coalition militaire menée par Riyad.
Depuis 2015, cette coalition intervient dans la guerre au Yémen pour soutenir le gouvernement contre les houthis.
"L'initiative tient toujours", a déclaré à l'AFP en anglais le "ministre des Affaires étrangères" des houthis, Hicham Charaf.
"Nous sommes patients. S'ils (les Saoudiens) veulent la paix, nous serons pour la paix et s'ils n'en veulent pas, nous les frapperons avec plus de force", a-t-il ajouté.
"Nous allons leur donner du temps même s'ils sont en train de tuer notre peuple", a poursuivi ce responsable.
L'Arabie saoudite a réagi avec prudence samedi à la proposition des houthis.
"Nous jugeons les autres sur leurs actes et non sur leurs paroles", a déclaré le ministre d'Etat saoudien aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir.
Il était interrogé sur la proposition faite vendredi par un chef des rebelles, Mehdi Machat, d'arrêter les attaques contre l'Arabie saoudite en contrepartie de la fin des raids saoudiens contre son pays.
Les raids aériens se sont poursuivis au Yémen, les Nations unies ayant fait état de la mort de 22 civils dans des séries de frappes lundi et mardi dans le nord et le sud du Yémen.
Dans un communiqué, Lise Grande, coordinatrice humanitaire de l'ONU au Yémen, a indiqué que sept civils, dont des femmes et des enfants d'une même famille, étaient morts dans un raid aérien lundi à Al-Sawad, dans la province d'Amran, au nord de la capitale Sanaa.
Mardi, 15 civils ont été tués et 15 autres blessés dans des frappes aériennes dans la province de Daleh (sud du Yémen), selon la même source.
"Le fait que ces tragédies se soient produites lors de l'Assemblée générale des Nations unies, au moment où les dirigeants du monde entier se trouvent rassemblés pour faire progresser la paix et la sécurité, est profondément troublant", a souligné Mme Grande.
L'émissaire spécial de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, s'est pour sa part dit "attristé" par les récents bombardements qui ont "une fois de plus coûté la vie à de nombreux civils, notamment des enfants". "Encore un évènement terrible", a-t-il déploré dans un communiqué.
Il a appelé les parties en conflit à "entreprendre des mesures concrètes et rapides pour réduire la violence (...) et ouvrir la voie à un climat permettant un retour au processus politique sans plus tarder".
"La priorité doit être donnée aux questions humanitaires urgentes pour atténuer la souffrance de millions de Yéménites qui n'ont pas les moyens de se nourrir, de se procurer des produits de base, de voyager et de se soigner", a-t-il encore souligné.


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