Des proches de détenus décédés dans la prison de Khiam au Liban-Sud manifestant devant l'ancien centre de détention, le 15 septembre 2019. Photo AFP / JOSEPH EID
L'avocat des familles des anciens détenus de l'ex-prison de Khiam, au Liban-Sud, Maan Assaad, a demandé mercredi au tribunal militaire d'annuler la prescription de la condamnation de l'ancien responsable de ce centre de détention, Amer Fakhoury, en détention depuis son retour au Liban il y a plusieurs jours.
L'avocat des plaignants a précisé avoir demandé au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire l'annulation de la prescription de la condamnation de l'ancien responsable de l'Armée du Liban Sud (ancienne milice libanaise soutenue par Israël). Il a justifié cette demande en arguant du fait que l'ancien milicien "a commis un crime en 2000", notamment lorsqu'il est parti en Israël, à la libération du Liban Sud, quatre ans après avoir été condamné par contumace à 15 ans de prison pour collaboration avec l'Etat hébreu, "ce qui annule la prescription".
Présent devant le tribunal militaire, Me Assaad a refusé de commenter l'autorisation accordée à une avocate américaine de représenter M. Fakhoury devant les tribunaux libanais, considérant qu'il s'agit d'une question "qui ne concerne que l'Ordre des avocats". Il a toutefois indiqué que la présence de cette avocate "sera comme une pression exercée sur la justice".
L’ordre des avocats avait officiellement autorisé mardi Céline Atallah, l’avocate de M. Fakhoury, qui n’est pas de nationalité libanaise mais américaine, à représenter ce dernier devant les tribunaux libanais, et notamment le tribunal militaire. L’ordre avait toutefois précisé que toutes les procédures juridiques devaient être également suivies par l’avocat libanais François Élias, qui doit assister à toutes les audiences avec Me Atallah.
L'avocat a annoncé que l'interrogatoire de Amer Fakhoury "aurait lieu bientôt, en présence de ses deux avocats, libanais et américain", soulignant qu'"aucun américain ne serait autorisé à entrer au sein du tribunal militaire".
La juge Abou Chacra avait lancé le 17 septembre un mandat d’arrêt à l’encontre de Amer Fakhoury. Depuis, plusieurs anciens détenus ont témoigné devant la jsutice.
En 1996, M. Fakhoury, qui aurait commis selon des sources judiciaires les pires actes de torture lorsqu'il était en charge de Khiam, avait été condamné par contumace à 15 ans de prison pour collaboration avec Israël. Se croyant couvert par la prescription, il a voulu rentrer au pays, ne s’attendant pas à ce que les autorités l’appréhendent pour d’autres crimes, notamment l’obtention présumée de la nationalité israélienne.


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